Malus auto : la taxe qui pénalise tout le monde (et freine l’écologie)

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Le malus automobile fait grincer bien des dents. Pensé pour verdir le parc roulant, il agit désormais comme un frein. Il touche des modèles populaires, pèse lourd sur les familles et assèche un marché déjà fragile. Les seuils baissent, les exemptions sautent, et les automobilistes paient. Pire encore : l’effet inverse se produit. Les vieux véhicules roulent plus longtemps, et la transition écologique ralentit. On a voulu punir les gros pollueurs. On pénalise désormais presque tout le monde.

Malus automobile : une taxe à bout de souffle

À la base, le malus devait décourager l’achat de voitures polluantes. L’intention semblait noble. Mais sur le terrain, le système se grippe.

Depuis janvier 2025, il s’active dès 113 g/km. Et grimpe jusqu’à 70 000 euros au-delà de 193 g/km.

Comme si cela ne suffisait pas, un malus au poids frappe les véhicules de plus de 1 600 kg. Dix à trente euros le kilo. L’addition grimpe vite.

Ce qui devait servir la planète semble désormais étouffer une industrie et ses clients. L’écologie est là, en théorie. Mais en pratique, c’est l’économie qui trinque.

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Des seuils abaissés, des exemptions supprimées

Les chiffres sont clairs. En 2024, plus d’une voiture neuve sur deux était taxée. En 2025, deux sur trois.

Et ça continue. En 2026, on s’attend à 72 %. En 2027, à 77 %. On ne parle plus d’exception, mais de règle. Le malus est devenu la norme.

Même des modèles d’entrée de gamme, comme la Peugeot 208 ou la Toyota Aygo, n’y échappent plus. Le malus reste faible, parfois 75 euros, parfois 150.

Mais le signal est fort. Même les petites citadines sont visées. La logique se perd. La taxation devient mécanique.

Une taxe qui pénalise les classes moyennes

Les familles, les artisans, les habitants des zones rurales : tous sont touchés. Ils roulent en véhicules plus lourds, souvent par nécessité.

Pas par plaisir. Hybrides légers, utilitaires ou breaks familiaux, ils sont dans le viseur du malus.

Et pourtant, ce sont eux qui disposent du moins de marge de manœuvre.

Résultat : les gens conservent leurs vieilles voitures. Plus polluantes. Moins sûres. Mais moins taxées. Le parc vieillit. La moyenne dépasse 12 ans.

À l’inverse, ceux qui en ont les moyens continuent d’acheter des véhicules haut de gamme, même lourdement malussés.

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Une Porsche à 60 000 euros de taxe ? Pas un obstacle. Le malus creuse l’écart.

Le bonus supprimé, l’équilibre rompu

Jusqu’en 2025, le malus servait à financer le bonus écologique. Un principe simple : les gros pollueurs payaient pour les bons élèves.

Mais depuis juillet, le bonus a disparu. Financé désormais par les entreprises, via le compte épargne mobilité.

L’État, lui, continue d’encaisser le malus. Sans redistribuer. Et le calcul devient perdant. En 2024, 1,3 milliard d’euros de malus ont été collectés.

Mais dans le même temps, la baisse des ventes a fait perdre 1,5 milliard de TVA. Bilan : –200 millions.

Et encore, ce n’est que la surface. Moins de ventes, c’est aussi moins de production, moins d’emplois, moins de recettes pour l’État.

L’effet pervers sur la transition énergétique

Le malus devait accélérer la bascule vers une mobilité plus propre. Il fait l’inverse. Il freine le renouvellement du parc.

Les acheteurs repoussent leurs projets. Un vieux diesel coûte cher à l’usage, mais reste plus rentable qu’un modèle neuf taxé.

Même les hybrides sont touchés. Et l’électrique, pourtant favorisé, reste hors de prix. Il coûte encore entre 7 000 et 8 000 euros de plus que son équivalent thermique.

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Pour une majorité de foyers, l’équation est impossible. Résultat : la pollution stagne.

Vers une réforme impossible ?

Faut-il repenser le malus ? L’idée d’un barème ajusté aux revenus ou à la zone géographique revient souvent.

Mais sa mise en œuvre serait un cauchemar administratif. Trop complexe, trop floue. L’État, au lieu de corriger, serre encore la vis.

En 2026, le seuil de poids baissera encore. Les dérogations restantes disparaîtront. Le malus deviendra encore plus sévère.

Ce qui devait être une incitation devient une punition généralisée. Le malus ne cible plus les excès.

Il frappe désormais la majorité silencieuse. Et ce sont les piliers du secteur auto qui en subissent les conséquences.