L’électrique recule, le thermique résiste : l’industrie auto en plein doute

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L’heure des certitudes est passée. L’automobile navigue à vue, ballotée entre électrification forcée, retour au thermique et rétropédalages en série. Chaque constructeur tente de s’adapter, souvent en urgence, parfois à contre-courant. Le tout-électrique promis pour demain semble s’éloigner. Et la réalité du marché impose ses règles. Aujourd’hui, les marques avancent à tâtons, revoient leurs priorités et assument des virages stratégiques parfois déroutants.

Jaguar s’entête dans une stratégie risquée

Chez Jaguar, pas de révolution. Le nouveau patron fraîchement nommé n’est autre que l’ancien directeur financier de Tata Motors, maison-mère de la marque.

Une prise de fonction qui confirme le statu quo, pas un nouveau cap.

Le plan reste le même, et il fait grincer des dents. Jaguar suspend la vente de ses véhicules neufs jusqu’en 2026.

Puis passera directement à une gamme 100 % électrique. Le tout, en visant une clientèle plus jeune. Un virage qui rompt avec son ADN de luxe classique.

Une décision lourde, dans un contexte où l’électrique marque le pas. Même Donald Trump s’est moqué publiquement de la marque.

Pourtant, le nouveau PDG parle de “retours très positifs”. Difficile à croire quand les ventes s’effondrent et que l’image de Jaguar s’efface.

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Fiat change de ton sur la 500

La Fiat 500 électrique peine à séduire. Malgré les promotions, les chiffres ne décollent pas.

Face à l’échec, la marque a réagi vite. Une version thermique hybride a été développée dans l’urgence pour tenter d’enrayer la chute.

Le message est clair : le tout-électrique ne suffit pas. Olivier François, patron de Fiat, promet que la prochaine génération de la 500, prévue pour 2030, offrira deux motorisations dès son lancement.

Thermique et électrique, selon la demande du marché.

D’ici là, une 500 électrique plus accessible est annoncée pour 2027, autour de 20 000 euros.

Mais pour baisser le prix, l’autonomie va fondre. Une batterie plus petite, pour une voiture qui dépasse déjà à peine les 150 km en usage réel.

Chez Jeep, Dodge et RAM, le V8 revient en force

Stellantis opère un virage spectaculaire. Après avoir promis la fin du V8, le groupe relance ses blocs mythiques. La demande est là. Et le changement de ton politique aux États-Unis joue aussi.

Le Jeep Wrangler V8 reste au catalogue. Le prochain Durango sortira uniquement en version V8.

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Même la Charger, qui devait être 100 % électrique, revient en version thermique. Le moteur V8 devient à nouveau un atout commercial.

RAM suit la même voie. Ses pick-up délaissent l’électrique et retournent au thermique.

Ce revirement peut sembler brutal, mais il colle à la réalité d’un marché qui n’adhère pas aussi vite qu’annoncé à l’électrique.

Ford ralentit à son tour sur l’électrique

Ford temporise. Cet été, le constructeur a réduit ses investissements dans l’électrique de 10 %.

Deux projets phares sont repoussés. Le nouveau F-150 Lightning et le prochain e-Transit ne sortiront pas avant 2028.

Les raisons sont connues. La demande est faible, les coûts restent élevés, et les marges s’érodent. Ford ne quitte pas le navire pour autant.

Une nouvelle plateforme, plus rentable, est en préparation pour ses modèles compacts. Une stratégie moins visible, mais très calculée.

Honda s’interroge, l’hydrogène refait surface

Honda revoit aussi sa copie. L’an dernier, la marque annonçait un investissement massif de 68 milliards de dollars pour l’électrification.

Aujourd’hui, un tiers de ce budget a disparu. Et le discours change.

Un cadre de la marque le dit clairement : l’électrique n’est qu’un chemin possible, pas une fin.

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Honda mise désormais sur un mix énergétique, avec un retour affirmé de la pile à combustible à hydrogène.

Une stratégie audacieuse, alors que la filière hydrogène reste fragile. Mais Honda rejoint Toyota dans son refus du tout-électrique.

Les deux géants japonais misent sur la diversité des solutions pour atteindre la neutralité carbone.

Vers une industrie sans boussole ?

Le constat est global. Des États-Unis au Japon, en passant par l’Europe, les plans changent. Le tout-électrique, annoncé comme inévitable, se heurte à la réalité.

Les constructeurs tergiversent, repoussent, rétropédalent. Le thermique, qu’on croyait condamné, résiste. Le V8 revient. L’électrique perd son aura de solution unique.

L’industrie auto cherche encore sa direction. Et les mois à venir seront cruciaux pour dessiner la route à suivre.