Peugeot, Renault, Dieselgate… les constructeurs auto font grincer des dents

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Alors que les prix s’envolent à une vitesse déconcertante, que les vieux scandales refont surface et que l’électrique peine parfois à séduire, le climat automobile devient électrique… au sens figuré. Les constructeurs naviguent entre contraintes économiques, attentes des clients et transition énergétique. Retour sur trois dossiers brûlants qui traduisent ce moment charnière pour le secteur.

Peugeot 308 : quand la compacte française se hisse au prix du premium

Peugeot vient d’ajuster sa grille tarifaire pour la 308, et la surprise est de taille : 33 400 € pour la version hybride 145 ch.

Une somme qui la place désormais au-dessus de certaines Volkswagen Golf, longtemps perçues comme plus chères.

Ce qui frappe, c’est la comparaison avec le passé : en 2019, la 308 d’entrée de gamme valait moins de 19 000 €.

En cinq ans, la facture a presque doublé, et les versions électrifiées accentuent encore ce grand écart.

L’e-308 débute à 42 600 €, tandis que l’hybride rechargeable tutoie les 42 000 €.

Certes, l’équipement est complet et les finitions soignées, mais la perception change : on ne parle plus d’une simple compacte généraliste, mais d’un modèle qui flirte avec le premium.

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Beaucoup d’automobilistes se demandent désormais si la 308 n’a pas franchi une ligne symbolique, d’autant que certaines marques premium cassent les prix pour écouler leurs stocks.

Le charme français a un prix, mais celui-ci commence à faire grincer des dents.

Dieselgate : l’État français à nouveau dans le viseur

Presque dix ans après l’explosion du scandale, le Dieselgate revient hanter les couloirs de la justice. Trois ONG (ClientEarth, France Nature Environnement et la CLCV) ont décidé de porter plainte contre l’État français pour “inaction fautive”.

Selon elles, des millions de véhicules diesel équipés de logiciels truqués roulent encore sans correction. En 2023, on en comptait environ 3,3 millions, et malgré le temps qui passe, ils seraient encore 2,7 millions en 2025.

Le reproche est clair : la France n’aurait pas imposé de rappels massifs, contrairement à l’Allemagne ou aux États-Unis.

Les conséquences, elles, sont lourdes : les associations évoquent plus de 16 000 décès prématurés dus à la surpollution depuis 2009, et des pertes économiques colossales évaluées en dizaines de milliards d’euros.

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Si la justice donne raison aux ONG, l’État pourrait être contraint de lancer une campagne nationale de rappels, une mesure déjà vue avec les airbags Takata.

Un épisode qui, une fois encore, met en lumière les retards français dans la gestion des crises industrielles.

Renault 4 “société” : l’utilitaire électrique qui déçoit

Autre nouveauté très attendue : la Renault 4 “société”, version utilitaire et électrique du modèle emblématique. Mais le résultat divise profondément.

Son gabarit plus massif la rapproche davantage d’un SUV que de la R4 originale, et ses capacités de chargement déçoivent.

Le coffre affiche 1 045 litres, et la charge utile ne dépasse pas 345 kg, moins qu’une simple Clio Diesel, et très loin du Kangoo thermique, capable d’en transporter plus de 800.

Avec un prix de 29 300 €, un moteur de 150 ch et une batterie de 52 kWh offrant environ 400 km d’autonomie WLTP, la proposition paraît chère pour un utilitaire.

Renault joue la carte du design et du symbole, mais les professionnels, eux, cherchent avant tout de la praticité.

Beaucoup risquent donc de lui préférer un Kangoo, électrique ou non, plus polyvalent et abordable. La nostalgie ne suffit pas toujours à faire tourner la rentabilité.

Le mot de la fin

Entre une Peugeot 308 devenue hors de prix, un Dieselgate qui refuse de disparaître, et une Renault 4 “société” un peu fade, le marché automobile donne l’impression de chercher son souffle.

Plus chère, plus électrique, plus complexe, l’automobile d’aujourd’hui avance dans un brouillard d’incertitudes.

La question n’est plus seulement technologique, mais de confiance. Les constructeurs sauront-ils convaincre à nouveau des clients de plus en plus sceptiques ?

Ou bien faut-il s’attendre à un nouveau virage brutal, où le prix de la transition se paiera au comptant ?