En France, le gazole pourrait encore baisser de 12 à 18 centimes par litre.
Cette réduction annoncée de novembre à janvier s’ajoute au recul déjà observé en Europe. Voici ce qu’elle pourrait changer sur le prix à la pompe et le coût de votre plein.
Le prix européen du gazole recule de 9 centimes, à 2,15 €/l
Une baisse après quatre semaines de hausse

Le gazole coûte en moyenne 2,15 € le litre dans l’Union européenne au 8 octobre 2026. C’est 9 centimes de moins qu’une semaine auparavant, après quatre semaines de hausse.
Fin septembre, le prix moyen avait atteint 2,24 € le litre. C’était un record, alors que les approvisionnements pétroliers étaient sous tension.
Le prix baisse dans presque tous les pays de l’Union. Chypre fait exception : il y a encore atteint un sommet dans les dernières données hebdomadaires. La semaine précédente, douze États membres avaient enregistré un record.
Des écarts de prix importants entre les pays
À Malte, le litre de gazole coûte environ 1,21 €, contre près de 2,53 € en Finlande. Pour un même volume, l’écart dépasse 1,30 €.
Les taxes nationales représentent environ 40 % du prix moyen payé à la pompe dans l’Union. Leur poids varie beaucoup selon les pays.
À 2,15 € le litre, le gazole coûte encore 56 centimes de plus qu’en février 2026. Il valait alors 1,59 € en moyenne dans l’Union, avant le début du conflit au Moyen-Orient.
Cours de gros et réserves pèsent sur l’évolution des prix
Les cours de gros baissent et des stocks stratégiques doivent être libérés. Les marchés réagissent à l’arrivée possible de volumes supplémentaires de gazole et de pétrole brut dans les prochains mois.
Les prix européens peuvent encore baisser à court terme si les flux de carburants se normalisent. Une panne de raffinerie ou un blocage des routes maritimes et des exportations pourrait toutefois les faire remonter.
En France, une mesure annoncée pour novembre à janvier
Dix millions de barils sur trois mois

Le dispositif porte sur 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques. Ce carburant est destiné à la vente en station. Les volumes doivent être mis à disposition de novembre à janvier inclus.
Seul le gazole prêt à la vente est concerné. L’essence, le gazole non routier et les autres produits pétroliers sont exclus.
- L’essence est exclue.
- Le gazole non routier est exclu.
- Les autres produits pétroliers sont également exclus.
Un baril contient environ 159 litres. Les 10 millions de barils représentent près de 1,6 milliard de litres de gazole, distribués peu à peu pendant les trois mois du dispositif.
La France consomme environ 54 millions de barils sur la période. Les réserves mobilisées couvrent près de 20 % des besoins prévus entre novembre et janvier.
La mesure concerne tous les distributeurs en France. Les principaux opérateurs pèsent environ 60 % du marché et se sont engagés à répercuter toute la baisse de leur coût d’achat.
Les stations indépendantes et les réseaux intégrés doivent recevoir les mêmes volumes. Le prix affiché peut varier d’une station à l’autre, car la baisse annoncée est une moyenne nationale.
Une réduction visée de 12 à 18 centimes par litre
Le gouvernement vise une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre. Elle s’ajouterait aux 9 centimes déjà gagnés en Europe, mais par un autre moyen.
La baisse européenne vient du recul des marchés et des prix d’achat.
En France, les stocks achetés avant la hausse des cours seraient vendus à un coût plus bas que celui des produits achetés actuellement.
Les premières baisses liées aux réserves sont attendues dès novembre. Le calendrier dépend du décret, de la mise à disposition des volumes et de leur livraison dans les cuves des distributeurs.
Les prix français restent élevés malgré le recul
Le jeudi 8 octobre, le gazole coûte un peu plus de 2,35 € le litre en moyenne en France. C’est environ 6 centimes de moins que le record de près de 2,41 €, atteint le 20 septembre.
La baisse depuis ce pic atteint environ 6 centimes par litre. Elle reste modeste face à la hausse enregistrée depuis février, lorsque le prix moyen européen s’établissait à 1,59 € le litre.
Les relevés français couvrent plusieurs milliers de stations-service. Les prix changent selon le réseau, le lieu, le coût du transport et le rythme de renouvellement des stocks.
Les prix varient entre les villes, les autoroutes et les zones éloignées des dépôts pétroliers. La moyenne nationale ne donne donc pas toujours le prix affiché dans une station précise.
Les stations mettent également plusieurs jours à répercuter une variation des prix de gros. Le carburant vendu peut avoir été acheté avant la baisse, tandis que les livraisons suivantes tiennent compte de nouvelles conditions d’approvisionnement.
Au prix moyen national, un plein de 50 litres revient actuellement à près de 118 €. Il coûte environ 3 € de moins qu’au moment du pic de septembre, mais reste au-dessus de son niveau d’avant-crise.
Voici l’effet estimé de la mesure française, à partir du prix moyen national :
| Élément | Baisse de 12 centimes | Baisse de 18 centimes |
|---|---|---|
| Prix du litre | Environ 2,23 € | Environ 2,17 € |
| Prix d’un plein de 50 litres | Près de 111,50 € | Près de 108,50 € |
| Économie sur le plein | 6 € | 9 € |
Le gain varie selon le prix de départ, le distributeur et le prix réellement appliqué dans chaque station. Ces montants ne fixent pas un nouveau tarif national.
Les projections reposent sur trois conditions : les volumes sont distribués comme prévu, les distributeurs répercutent l’économie et les cours internationaux restent stables pendant l’opération.
Une mesure fondée sur du gazole acheté avant la flambée des cours
Le coût des réserves ne fixe pas directement le prix à la pompe
Le gazole des réserves vaut environ 0,28 € le litre. Le prix de marché retenu pour la comparaison atteint environ 1,10 €, avant les frais de distribution et les taxes.
L’écart est d’environ 0,82 € par litre. Il ne réduit pas pour autant le prix à la pompe de 82 centimes.
Le prix final comprend aussi :
- Les taxes
- Le transport
- Le stockage
- Les biocarburants
- Les obligations réglementaires
- Les marges
Le dispositif doit faire baisser le coût moyen des achats des distributeurs. Ils mélangent le gazole des réserves à leurs autres achats. La baisse attendue reste donc inférieure à l’écart entre son prix d’achat initial et le cours actuel.
Les volumes devront être reconstitués

Le gazole mobilisé a été acheté avant la hausse des cours liée au conflit au Moyen-Orient. La Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, ou Sagess, gère l’essentiel de ces réserves.
Les opérateurs reçoivent habituellement les produits sous forme de prêt. Après usage, les distributeurs doivent reconstituer les stocks selon les règles des réserves stratégiques.
Ils disposent d’un délai pouvant atteindre un an pour renouveler les volumes libérés. Cette obligation limite la durée de l’effet de la mesure, puisque les réserves doivent être reconstituées après la période de baisse.
La répercussion à la pompe doit être suivie
Le gouvernement doit surveiller trois indicateurs :
- Le prix d’achat du gazole.
- La marge brute de transport et de distribution.
- Le prix final affiché dans les stations.
La marge brute couvre plusieurs coûts : la logistique, le fonctionnement des stations et les règles à respecter. Elle comprend aussi la marge commerciale. La marge de distribution se calcule à partir du prix hors taxes du produit raffiné.

Le suivi s’appuie sur une moyenne mobile de cinq jours ouvrés. Elle tient compte du délai entre l’achat du carburant, son transport et sa vente.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes doit contrôler les prix et les marges. Le gouvernement prévoit aussi de suivre chaque semaine la répercussion auprès des automobilistes.
Trois repères permettront d’évaluer la mesure :
- L’écart entre le prix national d’octobre et celui des trois mois du dispositif.
- L’évolution des marges brutes.
- La vitesse à laquelle les nouveaux coûts d’approvisionnement se répercutent.
Le précédent de mars invite à distinguer le volume annoncé des quantités effectivement libérées. La France avait alors annoncé une contribution de 14,5 millions de barils à une opération coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie, mais seuls 1,7 million de barils avaient finalement été libérés.
Le volume mis sur le marché représentait à peine 12 % de la quantité annoncée. Cet écart entre le déstockage prévu et les volumes distribués avait réduit l’effet attendu sur l’approvisionnement.
La mesure actuelle porte sur 10 millions de barils de gazole, pour trois mois. Les volumes sont mis directement à la disposition des distributeurs. Ces modalités doivent limiter le risque de stocks inutilisés ou libérés trop lentement.
La baisse visible dépendra de la livraison des volumes, des marges gardées par les opérateurs et des cours internationaux. Une hausse des marchés pourrait réduire une partie du gain affiché à la pompe.
Pour vos prochains pleins, comparez les prix affichés dans les stations proches plutôt que de retenir la moyenne nationale. À partir de novembre, vérifiez la baisse réellement répercutée avant d’ajuster votre budget : le gain dépendra du tarif local et de l’évolution des approvisionnements.
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