Le monde de la voiture électrique traverse une zone de turbulences. Entre revirements stratégiques, mesures fiscales menacées et engouement populaire en déclin, l’actualité de la semaine illustre un changement de ton.
Renault : vers un retour au thermique ?
L’emblème de l’électrification à la française envisage un ajustement stratégique notable : les motorisations hybrides ou thermiques pourraient réapparaître sur certains modèles initialement prévus 100 % électriques.
Selon plusieurs médias, Renault travaille à une plateforme « multi-énergie » pour la prochaine génération de modèles la compacte et le monospace du groupe pourraient bénéficier d’une version hybride classique ou d’un prolongateur d’autonomie.
Cette décision serait pilotée par la nouvelle direction du groupe, avec un plan stratégique attendu début 2026.
Ce virage traduit une logique : si l’électrique reste prioritaire, l’hybride redevient un compromis pour maintenir les volumes et rassurer les marchés dans la période de transition.

Crédit d’impôt pour bornes de recharge : l’heure de fin ?
Côté incitations, le dispositif français d’aide à l’installation de bornes à domicile serait affecté : le crédit d’impôt actuellement en vigueur pourrait ne pas être prolongé après 2025.
Les textes budgétaires de l’État ne contiennent pas de prolongation explicite du mécanisme au-delà de cette date.
En 2024, des dizaines de milliers de foyers en ont bénéficié, mais la perspective de retrait de l’aide suscite l’inquiétude des professionnels de la recharge qui y voient un signal négatif pour la dynamique de déploiement des infrastructures.
Leasing social électrique : l’effet ‘Twingo’ n’a pas tenu
Un programme de leasing social pour véhicules électriques, lancé avec enthousiasme, montre des signes d’essoufflement.
Après un démarrage prometteur, l’augmentation du reste à payer, la réduction de l’aide et les critères d’éligibilité plus stricts freineraient la montée en puissance du dispositif.
Les loyers demandés sont devenus beaucoup plus élevés qu’initialement, et le nombre de dossiers validés tarde à atteindre les objectifs.
Cette chute de régime interroge la capacité de l’État et des constructeurs à maintenir le soutien à l’électrique populaire.

Une touche d’humour pour la nostalgie thermique
Dans un registre plus léger, la filiale finlandaise de Kia a lancé un accessoire marketing original : un désodorisant « parfum essence » à distribuer aux clients de son nouveau modèle électrique EV4, pour évoquer l’ambiance des « vrais moteurs ».
Un clin d’œil qui illustre toute la tension entre le passé thermique et l’avenir électrique.
Un tournant décisif pour Renault
Le bond vers l’électrique ne se déroule pas sans accrocs. Renault ajuste sa stratégie produit en réintégrant l’hybride comme palliatif.
Le soutien fiscal à la recharge à domicile pourrait être réduit, mettant en danger l’un des piliers de l’écosystème.
Le leasing « social » n’atteint pas les volumes escomptés, et même le marketing mise sur la nostalgie du thermique.
L’ensemble de ces signaux indique que la transition électrique entre dans une phase plus complexe : les ambitions restent affichées, mais l’exécution, le financement et les usages doivent encore s’ajuster.
Pour que l’électrique s’impose durablement, encore faut-il que les conditions de marché, les incitations et l’offre soient alignées.
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