Voitures à hydrogène : BMW et Toyota croient encore à un avenir que tout le monde abandonne

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Alors que les ventes de véhicules électriques s’envolent à l’échelle mondiale, BMW et Toyota choisissent de suivre une voie différente : l’hydrogène. Selon eux, les batteries lithium-ion ne seraient qu’une étape transitoire. Le véritable avenir, affirment-ils, passerait par la pile à combustible. Une idée à contre-courant, qui peut surprendre à l’heure où tout semble tourner autour de l’électrique pur.

Une alliance technologique affirmée

Toyota et BMW collaborent depuis longtemps sur les piles à combustible.

Leur partenariat, loin d’être symbolique, s’est récemment intensifié pour mettre au point une troisième génération de système à hydrogène, spécifiquement pensée pour les voitures particulières.

BMW prévoit même de commercialiser son premier modèle de série à hydrogène d’ici 2028, en s’appuyant sur cette technologie commune.

C’est dans ce cadre qu’est né le BMW iX5 Hydrogen, un SUV expérimental basé sur l’actuel X5, mais propulsé par une pile à combustible.

L’ambition est claire : proposer cinq versions d’un même modèle : essence, diesel, hybride rechargeable, électrique, et hydrogène afin d’incarner une véritable “polyvalence technologique”.

Cette stratégie prouve que BMW et Toyota ne cherchent pas à remplacer les batteries, mais à diversifier les solutions bas carbone, en tenant compte des différents usages et besoins des conducteurs.

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Les promesses et les doutes de l’hydrogène

L’un des arguments les plus souvent évoqués contre l’hydrogène concerne son rendement global.

Même si une pile à combustible peut atteindre un rendement de 40 à 60 %, ce chiffre ne reflète qu’une partie de la réalité. Les pertes générées par la production, la compression, le transport et le stockage réduisent considérablement l’efficacité finale.

Des études récentes montrent que les systèmes à batterie (BEV) peuvent convertir jusqu’à 90 % de l’énergie consommée en mouvement, contre à peine la moitié pour un véhicule à hydrogène (FCEV).

Autrement dit, l’électricité utilisée directement reste bien plus efficace que de la transformer en hydrogène pour la reconvertir ensuite.

Mais les défenseurs de la pile à combustible rappellent que le rendement n’est pas tout. L’hydrogène permet des recharges plus rapides, une autonomie élevée et une meilleure adaptation aux usages intensifs.

Dans les faits, tout dépend du contexte d’utilisation et c’est peut-être là que Toyota et BMW voient leur carte à jouer.

Infrastructures, coûts, contraintes techniques

Le réseau de stations reste l’un des talons d’Achille de la filière. Il est clairsemé, coûteux à déployer, et peine à trouver un modèle économique stable.

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Dans certaines régions, il est plus facile de trouver une borne électrique que de faire le plein d’hydrogène à moins de 100 kilomètres.

Le coût du kilo d’hydrogène demeure élevé, tandis que la maintenance des réservoirs haute pression exige des protocoles stricts.

Le stockage, la cryogénie et la sécurité représentent autant de défis que d’opportunités d’innovation.

Et surtout, la majorité de l’hydrogène actuel reste “gris”, c’est-à-dire issu du gaz naturel. Tant que sa production ne sera pas “verte”, le bénéfice écologique restera partiel.

Une opportunité financière et politique ?

Alors pourquoi s’obstiner ? Peut-être parce que l’hydrogène coche des cases stratégiques. Toyota, pionnier du secteur avec la Mirai, milite depuis des années pour une “société hydrogène”.

BMW, de son côté, y voit un moyen de diversifier son portefeuille technologique et d’obtenir des soutiens financiers liés à l’innovation durable.

Les deux géants ont compris qu’en mutualisant leurs efforts, ils réduisent les coûts et partagent les risques. Et si demain, la transition énergétique s’accélérait, ils seraient déjà prêts.

Un avenir incertain mais un pari stratégique

BMW et Toyota savent qu’ils avancent sur un terrain glissant.

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Leur pari est audacieux, mais il pourrait s’avérer payant dans certaines niches : SUV haut de gamme, utilitaires longue distance, flottes professionnelles.

Les batteries ne suffiront peut-être pas à tout alimenter. Reste à voir si la filière hydrogène parviendra à franchir les obstacles du coût, de l’infrastructure et de la durabilité.

L’avenir dépendra autant des progrès techniques que de la volonté politique à investir massivement dans cette voie.

Au final, ce pari sur l’hydrogène n’est pas une folie. C’est une manière d’anticiper un futur où plusieurs technologies coexisteront, chacune adaptée à un besoin précis.

Et dans ce jeu d’équilibre, BMW et Toyota espèrent bien ne pas être les derniers à miser juste.