Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen : "La crise actuelle des puces électroniques démontre la fragilité de notre monde"

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Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen, s’est concentré sur une question clé qui effraie l’ensemble de l’industrie européenne : la nouvelle tension dans l’approvisionnement en semi-conducteurs. “La crise actuelle des puces montre à quel point notre monde est fragile”, a-t-il déclaré, dans une phrase qui résume à quel point l’industrie automobile continue de dépendre de facteurs externes qui ont peu à voir avec la gestion quotidienne des constructeurs.

Blume a expliqué que la particularité de cet épisode est qu’il n’affecte pas les puces les plus avancées, mais plutôt les plus simples, celles qui sont utilisées massivement dans les modules et les unités de contrôle des véhicules. C’est précisément parce qu’ils sont bon marché et répandus que leur absence peut générer des inefficacités dans la chaîne. Le PDG a tenu à souligner qu’il s’agit d’un phénomène global et transversal et non d’un problème interne au groupe.

L’industrie a besoin d’une « solution politique rapide »

L’origine se situe dans un contexte géopolitique changeant, avec des décisions des gouvernements européens et de pays tiers qui impactent des entreprises fournisseurs très spécifiques. Dans ce scénario, le message de Blume a été clair : l’industrie a besoin d’une « solution politique rapide » pour assurer la stabilité des chaînes d’approvisionnement. Il s’agit d’un appel à la coordination institutionnelle, pas d’une critique.

Dans le même temps, le groupe souhaitait apporter une tranquillité d’esprit quant à ses opérations. Blume a précisé qu’« à court terme, nous sommes couverts par le Groupe Volkswagen », grâce à une politique de diversification des fournisseurs et une gestion préventive des risques dans la chaîne de valeur. C’est cette prévision qui permet aux usines de continuer à fonctionner normalement.

La position de Volkswagen est particulièrement pertinente car elle coordonne un vaste écosystème industriel, avec des marques généralistes et premium, et parce qu’elle fait partie des tables européennes où sont discutées les mesures de réindustrialisation et d’autonomie dans les puces. Ainsi, lorsque son PDG parle de « fragilité », il le fait avec la responsabilité de ceux qui voient l’ensemble du conseil d’administration et pas seulement leur maison.

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Blume défend l’idée que l’Europe doit accélérer ses propres instruments pour moins dépendre des tensions extérieures. Son intervention cette semaine s’inscrit dans cette ligne, celle de renforcer le tissu industriel européen, de raccourcir les chaînes logistiques et de donner plus de prévisibilité aux constructeurs automobiles, qui sont l’un des principaux employeurs du continent.

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En parallèle, Volkswagen maintient sa feuille de route en matière d’électrification, de digitalisation et de plateformes logicielles. Le message est que le groupe ne repense pas ses investissements à cause de cet épisode, mais les protège justement en anticipant les problèmes d’approvisionnement. C’est-à-dire que la gestion des crises est au service de la stratégie, et non l’inverse.

La référence de Blume à la « fragilité du monde » doit donc être lue comme une confirmation de l’interdépendance actuelle : une décision dans un pays ou une restriction commerciale peut être immédiatement ressentie sur une chaîne de montage en Allemagne ou en Espagne. L’objectif du groupe est de s’en protéger, et non de pointer du doigt qui que ce soit.

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D’autres constructeurs européens se sont montrés préoccupés par la situation, ce qui renforce le fait que le diagnostic de Volkswagen n’est pas isolé, mais partagé. Dans ce contexte, la voix du premier groupe automobile européen aide à ce que la question soit abordée au niveau gouvernemental et ne reste pas seulement dans la sphère économique.

Marie