La concurrence chinoise bouleverse aujourd’hui le marché automobile européen, avec des modèles électriques à la fois abordables et redoutablement compétitifs. Dans ce contexte, Volkswagen veut rappeler qu’elle n’en est pas à son premier défi. Le constructeur allemand a déjà traversé plusieurs tempêtes, notamment face aux marques japonaises dans les années 1960, puis coréennes dans les années 1980. Pour Thomas Schäfer, l’histoire a prouvé que Volkswagen sait s’adapter.
L’ID. Polo, symbole d’une stratégie renouvelée
Lors du salon de la mobilité de Munich, Volkswagen a levé le voile sur l’ID. Polo, une citadine 100 % électrique pensée pour rendre l’électrique accessible au plus grand nombre.
Le choix du nom n’a rien d’anodin : Polo, c’est un morceau de mémoire collective. En la ressuscitant sous une forme électrique, Volkswagen joue sur la familiarité et la confiance.
Ce modèle devrait débarquer d’ici 2026, avec un tarif d’entrée annoncé sous les 25 000 euros, un signal fort adressé à une clientèle inquiète face à la flambée des prix.
Mais au-delà du prix, le constructeur promet un retour à une expérience de conduite claire et apaisée.
Fini les interfaces confuses et les écrans surchargés : place à une ergonomie fluide, à des matériaux solides et à une qualité de fabrication digne du savoir-faire allemand.
Cette nouvelle approche vise aussi à se démarquer d’un certain mimétisme vis-à-vis de Tesla, souvent reproché à la marque ces dernières années.

Miser sur l’Europe et sur l’échelle industrielle
Pour Thomas Schäfer, le cœur du jeu reste l’Europe. Volkswagen veut défendre son territoire historique, en particulier en Allemagne, tout en misant sur une production majoritairement locale, notamment en Espagne.
Le constructeur s’appuie sur la force d’un groupe tentaculaire douze marques, une logistique mondiale et une expérience industrielle unique.
L’ID. Polo ne sera d’ailleurs pas seule : des versions dérivées verront le jour chez Skoda et Cupra, histoire de mutualiser les coûts et d’ancrer la stratégie dans une logique de volume.
D’ici 2027, pas moins de sept modèles électriques seront lancés sous la bannière Volkswagen.
Un plan d’offensive qui doit consolider la marque face à la montée rapide des constructeurs asiatiques, très présents sur le segment des véhicules électriques.

Un objectif 2035 sous conditions
La fin programmée des moteurs thermiques d’ici 2035 reste la grande ligne directrice européenne.
Mais Thomas Schäfer plaide pour une transition plus pragmatique.
Il ne remet pas en cause la décarbonation, mais s’inquiète du rythme et de la cohérence des politiques nationales.
Selon lui, les changements soudains de subventions, comme en Allemagne ou en France, sèment la confusion et freinent l’adoption de l’électrique.
Volkswagen demande plus de stabilité : des règles claires, des objectifs atteignables et un accompagnement durable.
Sans ces conditions, la transition pourrait perdre en crédibilité et éloigner les consommateurs au lieu de les convaincre.
Pas de consolidation, mais une stratégie claire
Alors que certains analystes évoquent une future consolidation de l’industrie automobile européenne, Schäfer reste ferme : ce n’est pas le plan de Volkswagen.
Le groupe estime déjà disposer de la taille critique nécessaire. Ce qui manque, selon lui, ce n’est pas une fusion de plus, mais une politique industrielle européenne cohérente, des coûts d’énergie compétitifs et moins de bureaucratie. En somme, moins d’entraves, plus d’action.
Un défi assumé face à la Chine
La montée en puissance des marques chinoises est un fait, et Volkswagen ne s’en cache pas. Mais loin de céder à la panique, le constructeur choisit la stratégie du sang-froid.
Il mise sur ses fondamentaux : qualité, fiabilité, réseau de distribution et savoir-faire industriel.
L’ID. Polo, avec son prix ajusté et son ancrage historique, en est le parfait exemple.
Volkswagen ne cherche pas à tout réinventer : il veut simplement continuer à faire ce qu’il sait faire, des voitures solides, modernes et accessibles. Une stratégie de continuité lucide, dans un paysage automobile en pleine mutation.
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