Lorsqu’on parle de la Oldsmobile Toronado de 1966, on évoque souvent son look de vaisseau spatial, sa puissance inédite pour une traction, et son avance technologique. Mais l’histoire de cette voiture va bien au-delà de ces clichés. En réalité, la Toronado cache une somme d’innovations techniques, de paris industriels et d’idées folles qui dépassent l’imagination. Voici 10 faits méconnus (voire totalement fous) sur cette voiture qui a changé la face de l’automobile américaine.
1. Première traction avant américaine depuis 1937
Avant la Toronado, il fallait remonter à la Cord 810/812 des années 30 pour trouver une voiture américaine à traction avant.
À l’époque, c’était trop complexe, trop cher, trop risqué. Il faudra attendre 1966 pour que GM ose relancer l’idée, après près de 30 ans d’absence.

2. Un V8 gigantesque… sur les roues avant
Sous le capot, la Toronado abritait le 425 cu.in. Super Rocket, un V8 de 385 chevaux et 644 Nm de couple, alimenté par un énorme carburateur quadruple corps.
C’était l’un des plus puissants moteurs jamais montés sur une traction avant. Et pourtant, il était incroyablement civilisé.
3. Transmission TH425 : une boîte magique
La transmission Turbo-Hydramatic 425 était un chef-d’œuvre. Basée sur la TH400, elle utilisait une chaîne Morse silencieuse de 5 cm de large pour transmettre la puissance à l’avant.
Solide au point de supporter 1000 chevaux en course, elle reste aujourd’hui un modèle de robustesse.
4. Boîte de vitesses… coupée en deux
La TH425 était scindée en deux parties, reliées par la fameuse chaîne.
Le convertisseur de couple se trouvait juste derrière le moteur, tandis que la boîte était placée plus bas, pour un meilleur centrage de masse. Une architecture aussi ingénieuse que rare.

5. Le carter d’huile traversé par un arbre
Pour faire passer l’arbre de transmission droit sous le moteur, les ingénieurs ont créé un carter d’huile percé d’un tunnel central.
Une vraie pièce d’orfèvrerie, capable de maintenir une lubrification optimale tout en laissant passer la transmission. Une solution à la fois simple et géniale.
6. Châssis hybride : ni monocoque, ni full-frame
La Toronado reposait sur un châssis hybride, combinant un sous-châssis avant ultra rigide à une structure monocoque.
Cette base technique a influencé la construction automobile pendant des décennies.
7. Barres de torsion à l’avant, lames à l’arrière
Contrairement aux autres Oldsmobile de 1966, la Toronado utilisait des barres de torsion à l’avant et des ressorts à lames à l’arrière.
Un choix dicté par l’espace nécessaire pour la traction avant. Résultat : un comportement routier inédit pour l’époque.

8. Répartition du poids 60/40… un atout en hiver
Avec plus de 60 % du poids sur l’avant, la Toronado aurait pu souffrir d’un comportement sous-vireur.
Mais au contraire, elle bénéficiait d’une excellente motricité, notamment sur neige. Son équilibre a même séduit des équipes de rallye de longue distance.
9. Zéro torque steer grâce à des arbres de même longueur
La Toronado maîtrisait le torque steer (coup de volant sous forte accélération) grâce à des demi-arbres de transmission de longueur équivalente et un arbre central flexible côté passager. Une solution devenue standard dans l’industrie.
10. Plancher plat : une révolution de l’habitacle
Grâce à l’absence de tunnel de transmission, l’habitacle de la Toronado était totalement plat, offrant un confort et une habitabilité inédits pour 6 passagers.
Idéal pour les longs trajets… ou pour séduire une clientèle féminine.
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