Industrie auto : quand les grandes marques perdent le contrôle

16
0

Le 29 octobre 2025 marque sans doute un tournant pour l’industrie automobile européenne. Tandis que les géants de l’automobile allemande s’efforcent de naviguer entre mutation technologique et pressions réglementaires et commerciales, un volet cristallise particulièrement les tensions : celui des véhicules hybrides rechargeables.

Hybrides rechargeables : vers une obligation de recharger réellement ?

La Verband der Automobilindustrie (VDA), la puissante fédération allemande du secteur automobile, a proposé une mesure inédite.

Celui d’imposer un « obligation de recharge » pour les hybrides rechargeables (PHEV) si l’utilisateur ne branche pas son véhicule après un certain parcours, la voiture pourrait voir ses performances réduites ou des limitations appliquées.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de critiques accrues sur les émissions réelles de ces modèles non rechargés, parfois très supérieures aux chiffres officiels.

L’idée : pousser à rouler davantage en mode électrique, afin que l’hybride rechargeable ne se transforme pas en gouffre énergétique et en moyen de contourner les objectifs CO₂.

Lire aussi :  À la découverte de la Motowatt : une moto électrique intégrale révolutionnaire

Mais la proposition suscite des inquiétudes : comment imposer un tel comportement aux usagers sans les pénaliser alors qu’ils peuvent avoir des contraintes d’accès à la recharge ?

Ce débat traduit plus largement une inquiétude croissante des constructeurs allemands, qui font de l’hybride rechargeable un pilier de leur stratégie à court terme, et cherchent à limiter le « scandale » des émissions élevées en usage réel.

Débat sur les hybrides

Porsche : sortie progressive du thermique

Chez Porsche, les nouveaux sont sombres : le constructeur doit mettre fin à la production de la version thermique de la Porsche Macan vers mi-2026.

La version « essence/diesel » de ce SUV, pilier des volumes de Porsche, n’aura pas de remplaçant thermique immédiat, la marque misant dès lors prioritairement sur la version électrique.

Ce changement reflète la double pression sur Porsche : d’une part, les contraintes réglementaires (émissions, cyber-réglementation) poussent à l’arrêt des motorisations thermiques.

D’autre part, le marché du SUV premium électrique ne garantit pas encore les mêmes volumes ou les mêmes marges.

Lire aussi :  Toulouse : l'A680 fermée dès le 8 décembre, l'itinéraire malin pour éviter le piège

Voitures hybrides

Mercedes‑Benz : encore dans le rouge, mais quelques signes d’espoir

Mercedes-Benz a publié ses résultats du 3ᵉ trimestre 2025 : un recul de 12 % des ventes pour sa division « Cars » (441 453 unités), un recul global de chiffre d’affaires d’environ 7 % à ~32,15 milliards d’euros.

Cependant, l’augmentation de 10 % de ses ventes de véhicules électrifiés (xEV) et une part atteint 21,8 % au total de ses ventes montrent que la transition avance, mais insuffisamment pour compenser le recul global.

La marque allemande est en plein repositionnement stratégique et structurel.

Face à la concurrence accrue chinoise et aux droits de douane américains, elle explore aussi le retour à des modèles d’entrée de gamme pour compenser la fragilité du haut de gamme.

Dans une phase de reconstruction

L’industrie automobile allemande vit une phase de recomposition visible. La proposition de la VDA sur l’obligation de recharge des hybrides marque la montée des contraintes réglementaires internes.

Face à ces évolutions, la capacité d’adaptation des constructeurs, à la technologie, à la réglementation, aux usages, devient plus que jamais un facteur clé de survie.