Crise électrique : l’Europe se déchire sur l’interdiction du thermique en 2035

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L’industrie automobile européenne entre un peu plus dans la tourmente. Entre l’échéance de 2035, les tensions diplomatiques, les alliances inattendues et les signaux faibles venus du marché, l’incertitude est totale.

Paris et Madrid résistent, Berlin freine : l’Europe se divise

L’European Automobile Manufacturers’ Association (ACEA) et plusieurs États-membres se montrent divisés face à la stratégie « zéro émissions » pour 2035.

Tandis que la France et l’Spain affichent leur soutien à l’échéance de 2035, plusieurs autres pays notamment en Europe de l’Est et certains secteurs de l’Germany réclament davantage de flexibilité.

Il est confirmé que l’UE maintient légalement un objectif de « zéro g de CO₂/km pour les voitures neuves d’ici 2035 ». 

Mais cet engagement est désormais soumis à une forte pression de l’industrie, qui juge certaines cibles « non-réalisables ».

Le contraste est saisissant : en France, certains investissements tardent à se concrétiser, l’infrastructure de recharge peine à suivre, et les incitations à l’installation des bornes seront réduites.

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Cette situation nourrit les doutes sur la faisabilité du calendrier européen.

Une station service

Nissan se tourne vers la Chine… et tourne le dos à Renault

Pour respecter ses obligations européennes en matière d’émissions de CO₂, Nissan a décidé de rejoindre un pool d’émissions avec le constructeur chinois BYD, au lieu de poursuivre la coopération ancienne avec Renault et Mitsubishi.

Cette alliance permet à Nissan de compenser partiellement les émissions de ses véhicules thermiques en Europe grâce aux volumes « zéro émission » de BYD.

Toutefois, ce mouvement soulève des critiques : l’argent afflue vers un acteur chinois plutôt qu’être investi dans la production ou l’innovation européenne.

On note que ces poolings d’émissions sont confirmés comme une stratégie adoptée par plusieurs constructeurs pour éviter les amendes européennes.

Reste à savoir dans quelle mesure cette évolution marque un virage durable ou une mesure tactique.

Le marché moto français s’essouffle

Le récent observatoire du secteur moteur en France signale une baisse des ventes de motos de -10,9 % depuis janvier 2025 (toutes cylindrées confondues).

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Deux segments résistent cependant : les 125 cm³, portées notamment par des marques chinoises à bas coût, et les trails haut de gamme, en hausse d’environ +16 %.

Cette dynamique montre que si les véhicules utilitaires ou accessibles souffrent, certains créneaux de niche haut de gamme ou économiques tiennent encore.

Les raisons avancées : inflation, baisse du pouvoir d’achat, mais aussi un contexte de transition technologique qui pèse sur la confiance.

Mercedes‑Benz GLC : haut de gamme, faible autonomie ?

Le nouveau SUV électrique GLC de Mercedes est annoncé à partir de 71 950 €.

Mais son autonomie affichée 714 km WLTP selon certaines sources se positionne derrière celle d’un concurrent direct, le BMW iX3 qui revendique jusqu’à 805 km WLTP.

Mercedes choisit de compenser par un habitacle premium, large dalle numérique, triple écran, finitions soignées.

Reste à savoir si, à ce tarif, l’acheteur sera prêt à passer outre la différence d’autonomie et à s’engager dans un marché de l’électrique premium désormais plus prudent.

Une période tumultueuse

L’industrie automobile européenne vit un moment de bascule. La date de 2035 pour la fin des voitures neuves à moteur thermique ou émissions importantes reste confirmée, mais le calendrier et la méthode sont remis en question.

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Des États-membres, des constructeurs et des modalités d’alliance (comme celle de Nissan et BYD) témoignent du besoin d’ajustements pragmatiques.

Le marché se fragilise, les conditions d’investissement se complexifient, et les transitions technologiques passent par des stratégies moins linéaires que prévu.

Dans ce contexte, surveiller les décisions à venir de Bruxelles autant que les annonces industrielles s’impose : la route vers l’électrique pourrait être plus sinueuse que prévu.