Les constructeurs japonais Toyota et Subaru font face à une action collective aux États-Unis concernant un défaut récurrent de batterie 12 volts sur leurs SUV électriques BZ4X et Solterra. Ce problème, déjà signalé depuis plusieurs mois, met en lumière une faiblesse inattendue dans la conception de véhicules pourtant présentés comme les vitrines technologiques des deux marques.
Un défaut connu : la batterie 12V qui immobilise totalement le véhicule
Le recours, déposé en Californie, regroupe une dizaine de plaignants, mais les avocats estiment que plusieurs centaines de propriétaires pourraient être concernés.
Le défaut touche la batterie auxiliaire 12V, utilisée pour alimenter les fonctions essentielles du véhicule : démarrage, phares, vitres, ventilation ou frein de parking.
Lorsque cette batterie tombe en panne, le véhicule devient totalement immobilisé, même si la batterie principale de traction est pleinement chargée.
Les modèles BZ4X et Solterra reposent sur la plateforme électrique commune e-TNGA, mais continuent d’utiliser une batterie plomb-acide, héritée des architectures thermiques.
Selon des plaintes recensées par CarComplaints et la NHTSA, certains propriétaires auraient dû remplacer cette batterie avant même 10 000 km, parfois à plusieurs reprises.
Les experts évoquent un mauvais calibrage du système de recharge, cause probable d’une décharge prématurée.

Toyota et Subaru accusés de manque de transparence
Les plaignants reprochent à Toyota et Subaru un manque de communication et l’absence d’un correctif logiciel durable.
Les concessionnaires se seraient contentés de remplacer les batteries défectueuses, sans résoudre la cause sous-jacente.
Plus inquiétant encore : plusieurs véhicules continueraient à consommer de l’énergie 12V à l’arrêt, notamment via les systèmes connectés (télémétrie, diagnostics à distance).
Ce phénomène provoquerait une décharge lente, rendant la voiture inutilisable après quelques jours sans rouler.
Les deux constructeurs n’ont pas encore commenté la procédure judiciaire, mais reconnaissent travailler sur une mise à jour logicielle pour améliorer la gestion énergétique.
Un problème plus large dans l’industrie
Ce défaut n’est pas isolé. Hyundai, Kia, Ford ou encore Volkswagen ont connu des problèmes similaires sur leurs premiers modèles électriques.
L’usage de batteries 12V plomb-acide, peu adaptées aux véhicules à haute tension, reste une faiblesse structurelle.
Tesla a déjà remplacé ces batteries par des modules lithium-ion, plus compacts et durables, avec une nette réduction des pannes.
D’autres marques testent aujourd’hui des batteries sodium-ion, moins coûteuses et moins sensibles aux variations de température.
Cette transition souligne un point clé : l’électrique n’est pas seulement une question de batteries principales, mais aussi de gestion énergétique globale.

Toyota dans une phase de transition délicate
Cette affaire tombe à un moment stratégique pour Toyota, en plein virage vers l’électrification après des années de prudence.
Le constructeur multiplie les lancements de modèles « zéro émission », mais sa réputation repose toujours sur la fiabilité mécanique, un atout désormais remis en question.
Le BZ4X avait déjà connu un rappel mondial en 2022 pour un risque de détachement des roues, un épisode encore présent dans les mémoires.
Subaru, partenaire technique du projet, se retrouve entraîné malgré lui dans la polémique, alors même que la Solterra constitue son premier modèle 100 % électrique.
Une correction encore possible
Sur le plan technique, la solution semble accessible : mise à jour du logiciel de charge, surveillance intelligente de la tension et adoption de nouvelles technologies de batteries.
Mais sur le plan juridique, le coût pourrait être lourd. Si la class action est validée, les indemnisations pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars, sans compter les conséquences sur la confiance des clients.
Le cas des BZ4X et Solterra illustre un paradoxe de la voiture électrique moderne : un composant basique peut paralyser un véhicule de haute technologie.
Pour Toyota comme pour Subaru, cette affaire rappelle une vérité simple : la fiabilité reste la condition première de toute transition réussie vers l’électrique.
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