Le 10 septembre 2025, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a prononcé un discours attendu sur l’avenir économique de l’Europe. L’industrie automobile, secteur stratégique mais fragilisé par la transition énergétique et la concurrence internationale, figurait au cœur de ses propos. Certaines rumeurs ont circulé sur un assouplissement radical des objectifs climatiques, voire sur la prolongation des ventes de véhicules hybrides après 2035. Mais que faut-il réellement retenir ?
La transition automobile en débat
L’Union européenne a fixé en 2022 un objectif clair : à partir de 2035, plus aucune voiture neuve à moteur thermique classique (essence ou diesel) ne pourra être vendue.
Cet objectif vise une réduction de 100 % des émissions de CO₂ des véhicules particuliers et utilitaires légers.
Depuis, les constructeurs européens multiplient les mises en garde. Retard dans le déploiement des bornes de recharge, coûts de production élevés, concurrence féroce des modèles chinois : autant de facteurs qui rendent l’échéance difficile à atteindre.
C’est dans ce contexte que la Commission a lancé un « dialogue stratégique » avec industriels, fournisseurs et régions pour ajuster la feuille de route.

Hybrides et carburants alternatifs : flexibilité à l’étude
Certains médias ont rapporté que Bruxelles ouvrirait la voie à la prolongation des ventes d’hybrides après 2035. En réalité, la Commission n’a pas officialisé une telle décision.
Cette prudence vise à ménager les constructeurs allemands et leurs investissements dans l’hybride rechargeable, mais aussi à éviter un choc industriel trop brutal. Toutefois, l’objectif global de neutralité carbone reste officiellement inchangé.
Le défi des petites voitures électriques
Un autre point soulevé dans le discours concerne la relance des petites voitures électriques abordables.
Aujourd’hui, même les modèles dits « low cost » dépassent souvent 18 000 euros, un prix jugé trop élevé pour une large partie des ménages.
L’idée d’une voiture européenne sous la barre des 15 000 euros séduit, mais elle se heurte à la réalité des coûts des batteries et des normes de sécurité.
Les constructeurs comme Renault et Stellantis plaident pour des mécanismes incitatifs, tels que des « crédits CO₂ » bonifiés lorsqu’une microcitadine électrique est vendue.
L’objectif serait de stimuler l’offre tout en rendant ces modèles plus attractifs pour les fabricants. Rien n’a encore été décidé, mais le sujet sera débattu lors de la clause de revoyure prévue en 2026.

Entre ambitions climatiques et protection de l’emploi
L’Europe marche sur une ligne étroite : maintenir le cap de la transition écologique tout en évitant une perte de compétitivité face à l’Asie et aux États-Unis.
D’un côté, les militants écologistes et certains États membres exigent un respect strict de l’échéance 2035.
De l’autre, les industriels et plusieurs gouvernements redoutent des fermetures d’usines et des pertes d’emplois si les règles ne tiennent pas compte des réalités économiques.
Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité de trouver un « équilibre intelligent » entre innovation, protection sociale et objectifs climatiques.
Une Europe à la croisée des chemins
Le discours du 10 septembre n’a pas bouleversé la trajectoire, mais il a ouvert la porte à une flexibilité ciblée.
Les règles de 2035 restent en place, mais leur application pourrait être modulée en fonction des segments de marché, de l’usage réel des technologies et des besoins industriels.
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