L’automobile européenne traverse une zone de turbulences. Entre transition énergétique précipitée, course à l’électrique et paris industriels risqués, plusieurs marques historiques pourraient, selon certains analystes, ne pas survivre à l’horizon 2027. L’année 2024 aurait marqué un tournant, révélant les failles d’un modèle en pleine mutation.
Une électrification aux effets collatéraux
Pressés par les réglementations environnementales, de nombreux constructeurs ont abandonné les motorisations thermiques plus vite que prévu.
Ce virage stratégique s’est accompagné d’investissements colossaux dans l’électrique, estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Or, la rentabilité des technologies déployées reste incertaine, et leur maturité, inégale selon les segments.
La faillite de Northvolt en mars 2025, avec une dette dépassant 5,8 milliards de dollars selon certaines estimations, a mis en lumière la fragilité de la filière batterie européenne.
Ce revers a déstabilisé de nombreux fournisseurs et partenaires industriels.
La disparition annoncée de marques emblématiques
Fait notable : ce ne sont pas les petites structures ni les jeunes pousses qui vacillent, mais des marques historiques, parfois centenaires. En voici huit qui, selon plusieurs observateurs, semblent en difficulté.
1. Lancia : icône sur la sellette
Réduite à un unique modèle, l’Ypsilon, la marque italienne a vu ses ventes reculer de plus de 70 % début 2025 selon des données provisoires.
Malgré les promesses de relance de Stellantis, le doute s’installe quant à sa pérennité.

2. DS Automobiles : premium en perte de vitesse
Lancée pour concurrencer les marques allemandes, DS peine à s’imposer. Ses immatriculations auraient chuté de 20 à 25 % en 2024, sous la barre des 40 000 unités.
Certaines rumeurs évoquent une réintégration au sein de Citroën, sous forme de finition haut de gamme.

3. Smart : transition à bas régime
Devenue une marque 100 % électrique sous l’égide de Geely, Smart n’a pas retrouvé l’aura de ses débuts.
Malgré un positionnement urbain cohérent, les ventes resteraient limitées à environ 30 000 unités en Europe.

4. Infiniti : retrait progressif
Déjà absente d’Europe depuis 2020, la marque de luxe de Nissan se maintient difficilement aux États-Unis et en Asie.
Le manque de nouveaux modèles attractifs laisse entrevoir un désengagement total d’ici la fin de la décennie.

5. Acura : positionnement incertain
Filiale premium de Honda, Acura reste cantonnée au marché nord-américain.
Ses volumes baissent, et son rôle dans la stratégie électrique du groupe reste flou, ce qui alimente les spéculations.

6. Genesis : ambition bridée
Malgré un positionnement luxe, la marque coréenne peine à exister en Europe.
Les ventes annuelles oscilleraient entre 10 000 et 15 000 unités, sans réel impact médiatique ni commercial. Un retrait du marché européen n’est pas exclu.

7. Alpine : virage délicat
Relancée avec l’A110, Alpine prévoit une gamme 100 % électrique.
Un SUV figure parmi les projets, suscitant des interrogations sur la fidélité à son ADN sportif. L’accueil du public sera décisif.

8. Lotus : mutation risquée
Passée sous contrôle de Geely, Lotus s’est éloignée de son héritage sportif en misant sur de gros SUV électriques.
Les ventes décevantes et des pertes signalées en 2025 nourrissent les doutes sur sa viabilité.
Une confiance consommateur érodée
À ces difficultés industrielles s’ajoute une réticence croissante des acheteurs vis-à-vis de la revente des véhicules électriques.
Selon certains spécialistes du marché de l’occasion, une citadine comme la Renault Zoé pourrait perdre jusqu’à 60 % de sa valeur en quatre ans.
Ce facteur, souvent sous-estimé, pèse lourdement sur la dynamique commerciale.
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