L’industrie automobile européenne traverse un automne particulièrement agité. À l’approche de la fin de l’année 2025, les grands noms du secteur font face à un contexte mêlant incertitudes économiques, mutations technologiques et repositionnements risqués. Si certaines marques maintiennent le cap, d’autres semblent vaciller, entre baisse des ventes, restructurations et paris stratégiques aux résultats incertains.
DS Automobiles : repositionnement prudent plutôt que désengagement
La marque premium française du groupe Stellantis vit une période délicate. Ses volumes de vente en Europe demeurent modestes, et la dynamique sur le marché français n’a pas retrouvé son souffle.
Certains médias évoquent la suspension des projets de futurs modèles, notamment les successeurs des DS3 et DS4, mais aucune confirmation officielle n’a été apportée.
Stellantis reste discret, affirmant simplement vouloir concentrer les efforts de DS sur des véhicules à forte valeur ajoutée.
Cette orientation vers le haut de gamme confirme un repositionnement stratégique, sans qu’il soit pour autant synonyme de désengagement total.
Le constructeur semble vouloir renforcer son image de marque avant de relancer une nouvelle génération de modèles plus exclusifs.

Mercedes : un diesel iconique face au mur du malus
Chez Mercedes-Benz, la nouveauté la plus commentée concerne le G 450 d, une version diesel du célèbre Classe G.
Sous le capot, un six cylindres turbo de 367 chevaux, couplé à une hybridation légère, conserve un certain attrait technique.
Mais ses émissions avoisinant les 230 g de CO₂/km le placent dans la catégorie des véhicules les plus lourdement taxés en France.
Le malus écologique maximal atteint 70 000 euros en 2025, de quoi porter le prix d’accès du modèle à des sommets.
Un choix assumé par Mercedes, qui continue de miser sur la clientèle fidèle du tout-terrain de prestige malgré une tendance générale au tout-électrique.
Porsche : une rentabilité en chute libre
Porsche traverse, elle aussi, une passe difficile. Le constructeur a enregistré une lourde perte au troisième trimestre 2025, une première depuis des années.
Le bénéfice opérationnel pour l’ensemble de l’année devrait être largement inférieur à celui de 2024, conséquence d’une transition vers l’électrique plus complexe que prévu et d’une demande mondiale en ralentissement.
Cette contraction brutale des marges pousse la marque à revoir ses priorités industrielles, sans renoncer pour autant à ses ambitions dans la mobilité électrique.

Rivian : la start-up américaine resserre les rangs
De l’autre côté de l’Atlantique, Rivian poursuit sa restructuration. L’entreprise, partenaire stratégique de Volkswagen, a annoncé la suppression d’environ 600 postes, soit près de 4 % de ses effectifs.
L’arrêt des crédits d’impôt fédéraux pour les véhicules électriques a pesé sur ses ventes, déjà fragilisées par un marché américain plus prudent.
Le prochain modèle, la R2, représente désormais un enjeu crucial : sa réussite pourrait assurer la pérennité du jeune constructeur, tandis qu’un échec fragiliserait davantage son équilibre financier.
Alpine : l’électrique française à l’épreuve du marché
Enfin, Alpine dévoile son premier SUV 100 % électrique, l’A390. Ce modèle, affichant entre 400 et 470 chevaux pour une autonomie pouvant atteindre environ 550 km, illustre le savoir-faire technologique français dans le haut de gamme sportif.
Son tarif, compris entre 67 500 et 78 000 euros, traduit une ambition claire : séduire une clientèle exigeante tout en s’imposant face à la concurrence allemande et scandinave.
Reste à voir si ce SUV trouvera sa place sur un marché européen saturé et particulièrement sensible aux évolutions fiscales et environnementales.
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