Pékin a franchi une étape importante en matière de sécurité routière. Le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT) a ouvert une consultation publique sur une nouvelle norme nationale obligatoire intitulée « Exigences de sécurité pour les systèmes combinés d’aide à la conduite dans les véhicules intelligents connectés ». La mesure vise à combler les lacunes réglementaires sur un marché en pleine expansion : les systèmes de conduite assistée de niveau 2 (L2).
Selon les déclarations des responsables du MIIT au journal économique Quotidien d'information économiquela norme établira une base technique unifiée qui servira à contrôler l'accès au marché, à renforcer la supervision de la qualité et à enquêter sur les incidents liés à ces systèmes de plus en plus populaires.
Entre janvier et juillet 2025, 7,76 millions de voitures particulières équipées de ce type d’aide à la conduite ont été vendues en Chine, soit 21,3 % de plus que l’année précédente. La pénétration du marché atteint désormais 62,6%, soit 6,5 points au-dessus du record de 2024. Ces systèmes, qui allègent la charge du conducteur et augmentent le confort, sont devenus un argument de vente incontournable pour les constructeurs.
Cependant, ce succès commercial entraîne de nouveaux risques. Le MIIT a détecté une absence de normes opérationnelles et un usage laxiste de la terminologie. “Certaines entreprises ont abusé de termes comme” conduite autonome avancée “ou” aucune intervention du conducteur “, brouillant la frontière entre assistance et conduite autonome”, a prévenu un porte-parole. Cette confusion, a-t-il ajouté, a conduit à des comportements dangereux tels que conduire pendant de longues périodes sans les mains sur le volant ou à une conduite distraite, avec des accidents mortels qui ont suscité une grande inquiétude dans l'opinion publique.
La proposition réglemente trois grands domaines. D'une part, la section des exigences techniques claires définit les conditions de fonctionnement dans lesquelles les systèmes peuvent être activés et fixe des critères de sécurité pour les fonctions monovoie, multivoie et d'aide à la navigation. Il comprend des aspects d'interaction homme-machine, de cybersécurité et d'enregistrement des données, avec vérification par des tests en installations, des essais sur route et un contrôle documentaire.

Le deuxième point est la gestion des processus, par laquelle les entreprises doivent appliquer des protocoles de sécurité tout au long du cycle de vie du produit, depuis le développement, avec des évaluations proactives des risques, jusqu'à la fabrication et l'exploitation, avec la traçabilité et le suivi dynamique de l'état du véhicule et l'obligation de signaler les incidents.
On parle enfin d'usage standardisé, dans lequel les systèmes doivent intégrer la détection de la main et du regard. Si le conducteur lâche les mains du volant ou détourne son attention, le système émettra des avertissements et, s'il n'y a pas de réponse, il se désengagera en toute sécurité. Pour éviter les abus, des blocages temporaires sont prévus pour les utilisateurs réguliers.
La Chine classe l’automatisation de la conduite en six niveaux, de L0 à L5. La nouvelle norme se concentre sur le niveau 2, dans lequel le conducteur reste responsable du contrôle du véhicule et doit rester vigilant pour répondre à toute urgence.
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