Pour reprendre le terme taurin : via la Puerta Grande ou via l’infirmerie, la stratégie de Great Wall Motor (GWM) en Europe est confrontée à une mort subite ou à un succès retentissant. L’entreprise avait déjà dû quitter le Vieux Continent après avoir réalisé des chiffres de ventes très médiocres. Désormais, après avoir repris son souffle, GWM sait ce qu’il lui reste à faire. Les Chinois ont analysé le marché, fait le point sur les erreurs commises et ont déjà confirmé leur retour dans la région. Cette fois, ils seront accompagnés d’une grande usine avec laquelle ils espèrent tenir tête à BYD.
Après tout, BYD est devenue la marque chinoise la plus populaire en Europe (avec la permission de MG). Cependant, le succès de BYD n’est ni causal ni anecdotique. Ceux de Shenzhen l’ont déjà essayé dans le passé, avec les mêmes conséquences calamiteuses que GWM a subies il y a quelques années. Les premiers produits de BYD n’ont attiré l’attention de personne. La marque est revenue en Chine la queue entre les jambes pour récupérer et créer tout un empire avec lequel elle a désormais pu conquérir ce que tout le monde considère comme le marché le plus exigeant au monde. L’Europe, pour le reste du monde, est une considération primordiale.
Usine de 300 000 voitures par an en 2029
Dès l’année prochaine, Great Wall Motor commencera à montrer sa patte. Elle établira les bases industrielles et logistiques nécessaires pour appuyer pleinement sur l’accélérateur en 2027. Désormais, comme l’ont rapporté des sources chinoises, GWM envisage de construire sa première usine automobile en Europe. L’objectif est de créer des installations capables de fournir 300 000 voitures par an en 2029. Un chiffre très optimiste compte tenu de l’histoire. L’Espagne et la Hongrie ont pris l’initiative d’accueillir ces usines, comme l’a exprimé le président international de l’entreprise, Parker Shi. Pour le moment, aucune décision définitive n’a été prise.
Lors d’un entretien, Shi a déclaré que les coûts de main-d’œuvre et de logistique sont des facteurs clés qui détermineront l’emplacement de la première usine de GWM en Europe. Durant les premières phases de la vie de l’usine, l’usine « assemblera les pièces ». Autrement dit, GWM enverra les voitures en sections qui seront assemblées en Europe. Plus tard, avec une chaîne d’approvisionnement consolidée, la production augmentera. L’entreprise est également attentive aux éventuels changements dans la politique industrielle de l’Union européenne, notamment les conditions d’investissement et les régimes tarifaires.

Great Wall Motor n’a pas encore pris de décision définitive à ce sujet, mais des plans sont sur la table. Une partie de la nouvelle stratégie consiste à lancer des modèles plus conventionnels sur le marché afin de convaincre les clients européens. L’Ora 5 fera partie de l’offre de lancement. Il s’agit d’un modèle compact – seulement 4,47 mètres – qui offre une grande polyvalence et qualité. En Chine, il vient d’être mis en vente au prix minimum de 13 300 euros. De plus, GWM pourrait laisser la porte ouverte à de nouveaux systèmes mécaniques, comme son système hybride primé qui a reçu d’importants prix d’ingénierie en Chine.
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