Transition électrique : Renault freine, le malus explose, l’Europe doute

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L’objectif européen de mettre fin aux ventes de voitures thermiques en 2035 semblait acquis. Mais la réalité du terrain rattrape la théorie. Les ventes d’électriques stagnent, les coûts explosent et les signaux politiques se brouillent. Entre doutes industriels, fiscalité punitive et inquiétudes sociales, la transition automobile tourne à l’épreuve d’équilibriste.

Renault : un repositionnement, pas un retour du “tout thermique”

Des sources proches du dossier évoquent effectivement une réévaluation stratégique chez Renault.

Si les ventes de la Mégane E-Tech et du Scénic E-Tech sont en deçà des attentes, l’idée d’un « retour au thermique » est exagérée.

Le groupe n’a pas annoncé l’abandon de l’électrique. Il explore plutôt des plateformes multiénergie, capables d’accueillir à la fois des moteurs électriques, hybrides ou thermiques à faible émission.

Ce choix viserait à s’adapter à la demande européenne et mondiale, encore hétérogène selon les marchés.

Le PDG Luca de Meo a confirmé vouloir “donner plus de flexibilité industrielle”, sans remettre en cause la Renault 5 E-Tech, symbole de la nouvelle génération.

Le projet d’un prolongateur thermique (type hybride série) est plausible, mais il ne s’agirait pas d’un revirement, plutôt d’un ajustement pragmatique.

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Un malus écologique de plus en plus lourd, mais encore hypothétique

L’article évoque un malus maximal de 110 000 € en 2028, contre 70 000 € aujourd’hui.

Le projet de loi de finances 2026 n’a pas encore fixé les seuils pour 2027–2028, et le plafond actuel (50 000 € en 2024, majoré selon le poids) reste largement théorique, touchant une poignée de modèles de luxe.

En revanche, la tendance à la hausse du malus est bien réelle : les seuils de déclenchement devraient baisser d’environ 5 g de CO₂ par an.

Cela pourrait effectivement impacter certains modèles populaires, comme les SUV compacts.

Parler d’« impôt déguisé » est excessif, mais la dimension budgétaire du malus devient visible : il rapporte désormais plus d’un milliard d’euros par an à l’État.

2035 : la fin du thermique en question, mais pas annulée

Le Sénat français a bien publié, en octobre 2025, un rapport critiquant le calendrier européen.

Le texte parle d’un risque de “crash industriel” si la transition est trop rapide.

Plusieurs États dont l’Allemagne, l’Italie et la France demandent désormais un assouplissement, notamment pour les carburants de synthèse et les hybrides rechargeables.

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Toutefois, la réglementation européenne n’a pas changé : la fin des ventes thermiques en 2035 reste actée. Seules des discussions sur des exceptions ou un “ajustement post-2030” sont en cours.

Les constats du Sénat sont factuels :

  • 80 % des batteries viennent toujours d’Asie,
  • L’Europe dépend largement de technologies étrangères pour les logiciels embarqués,
  • L’emploi industriel est fragilisé par le rythme de la transition.

Mais la Commission européenne maintient que l’objectif de 2035 est “réaliste, à condition d’accélérer la relocalisation des filières batteries”.

Pollution de l'environnement

Carburants alternatifs : entre écologie et fiscalité

Les carburants comme l’E85 ou le biodiesel risquent effectivement de perdre une partie de leurs avantages fiscaux à partir de 2026.

Cependant, la hausse évoquée de 15 centimes par an pendant trois ans n’a pas été confirmée dans le projet de loi actuel.

Le gouvernement étudie une harmonisation des taxes énergétiques, mais aucun chiffre n’a encore été arrêté.

Néanmoins, l’E85 reste l’un des carburants les moins émetteurs produits en Europe, et son retrait brutal paraît peu probable à court terme.

Une transition qui demande du réalisme, pas du renoncement

L’industrie automobile européenne traverse une phase d’ajustement, pas d’effondrement.

Renault, comme d’autres, cherche à adapter ses stratégies à un marché plus lent que prévu.

Le malus se durcit, mais son ampleur reste à débattre. Et si le calendrier 2035 fait débat, il demeure le cap officiel de l’Union européenne.

La route vers la neutralité carbone ne sera pas linéaire. Les décisions à venir devront concilier écologie, souveraineté et accessibilité, faute de quoi la transition risquerait de se heurter à une fracture sociale plus qu’à une révolution technologique.