Cette semaine l’industrie automobile est secouée par une question bouleversante : le déclin des moteurs thermiques est-il en train de basculer ? Entre stagnation de l’électrique, pression des constructeurs européens et volte-face américaine, la donne générale semble bien se durcir.
Les constructeurs européens demandent un répit
Ces derniers, notamment l’interdiction pure et simple des moteurs thermiques à partir de 2035, apparaissent désormais inatteignables selon eux.
Ils évoquent une trop forte dépendance à la Chine sur les batteries, un maillage de bornes de recharge inégal, des coûts de production élevés et des tensions commerciales avec les États-Unis.
Nos sources confirment que la lettre souligne cette impossibilité de respecter les normes actuelles tout en étant réalistes avec les conditions industrielles et géopolitiques actuelles.
La Commission européenne, attentive à ces arguments, a déjà accordé une plus grande flexibilité pour les normes de 2025 et avancé la révision prévue initialement en 2026.

Aux États-Unis, une relance du thermique en force
De l’autre côté de l’Atlantique, le virage est encore plus net. Le gouvernement de Donald Trump a supprimé les sanctions pour non-respect des normes CAFE (Corporate Average Fuel Economy).
Les constructeurs américains n’ont plus aucune contrainte sur la consommation ou les émissions moyennes de leurs véhicules.
Parallèlement, l’administration envisage d’abroger les normes d’émission du gouvernement précédent ainsi que la base scientifique autorisant l’Agence de protection de l’environnement à les imposer.

Mercedes et Volkswagen misent encore sur le thermique
Tandis que les lignes bougent, certains constructeurs préfèrent toujours renforcer le moteur thermique.
Mercedes‑AMG confie travailler sur un nouveau V8 hybride biturbo de 4 l attendu en 2027, qui remplacera l’actuel M178 tout en respectant les futures normes Euro 7.
Le V12 de 6 l restera également au catalogue des modèles haut de gamme comme la Classe S, malgré les promesses d’électrification totale.
Chez Volkswagen, la Golf R adopte un moteur cinq cylindres issu de l’Audi RS3, compatible Euro 7, plutôt que de développer un nouveau bloc quatre cylindres. Ce choix vise à capitaliser sur les synergies internes et à gagner en performance.
Un revirement vers le réalisme ?
L’ensemble de ces faits souligne une tendance à réévaluer la trajectoire fixée par l’Europe pour 2035.
Entre les contraintes industrielles, les oppositions politiques croissantes et les revirements américains, le scénario d’un abandon pur et simple des moteurs thermiques semble de moins en moins certain.
La prochaine réunion stratégique prévue le 12 septembre sera décisive. Il s’agira plus qu’un débat technique : l’industrie y jouera sa compétitivité, ses emplois et sa souveraineté industrielle.
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