L’industrie automobile européenne retient son souffle. Entre menaces de disparition, crispations politiques et nouveaux modèles, le marché avance à marche forcée vers un avenir incertain. Tandis que certains acteurs alertent sur l’infaisabilité des objectifs climatiques, d’autres tentent de sauver leur peau dans un environnement devenu étouffant. Et au milieu de ce tumulte, Volkswagen tente de ramener un peu de calme en relançant l’un de ses best-sellers.
DS : le premium français en sursis
L’ambition était grande. Mais aujourd’hui, DS vacille. La rumeur enfle : la marque pourrait être absorbée par Citroën, ou réduite à une simple finition.
En juillet, à peine 1 186 immatriculations en France. Un chiffre dérisoire face aux 43 000 ventes globales de Stellantis sur le mois.
La DS4 reste le modèle phare, mais son succès reste limité à l’Hexagone. À l’international, la marque peine à exister.
DS défend une vision premium centrée sur l’image plus que sur le volume.
Un discours difficile à tenir quand certains modèles affichent des prix dépassant 80 000 euros… pour des ventes quasi confidentielles.
Avec un groupe déjà saturé de marques, Stellantis peut-il continuer à soutenir un label aussi fragile ?

Mercedes alerte Bruxelles sur 2035
Du côté de Mercedes, le ton monte. Avec l’équipementier Schaeffler, le constructeur interpelle la Commission européenne.
Pour eux, l’objectif d’un marché 100 % électrique en 2035 est déconnecté des réalités.
Ils pointent du doigt la faible électrification des utilitaires, le coût encore trop élevé des modèles zéro émission, et la lente adoption de l’hydrogène ou des carburants de synthèse.
Mercedes rappelle ses efforts : 250 milliards d’euros investis, cap sur la neutralité carbone en 2050.
Mais imposer une électrification totale dès 2035 ? Ce serait, selon eux, une impasse industrielle.
Le groupe plaide pour une approche plus souple, intégrant thermique propre, hybride et technologies alternatives.
Bruxelles veut électrifier les flottes pro dès 2030
Et pendant que Mercedes s’inquiète de 2035, Bruxelles vise déjà 2030.
La Commission envisage de forcer toutes les flottes professionnelles à passer au 100 % électrique. Un premier seuil de 75 % pourrait s’imposer dès 2027.
Face à cette perspective, les entreprises européennes s’insurgent. En Allemagne, la tension monte.
Le chancelier Friedrich Merz accuse Bruxelles de sacrifier l’automobile sur l’autel du dogme. Au Parlement, les conservateurs demandent l’abandon pur et simple du projet.
La Commission temporise, promettant un dialogue approfondi. En coulisses, les tractations s’enchaînent. Mais aucune issue claire ne se dessine.

Volkswagen T-Roc 2025 : un SUV dans l’air du temps
Pendant que l’agenda politique s’enlise, Volkswagen avance. Le T-Roc, lancé en 2017, revient dans une version totalement repensée.
Près de deux millions d’exemplaires ont déjà trouvé preneur. La marque entend bien poursuivre sur cette lancée.
Le design évolue sans rupture. Nouvelle calandre, bandeaux lumineux, profil plus musclé.
Le gabarit progresse, atteignant désormais 4,37 mètres. Le coffre passe à 465 litres, de quoi répondre aux attentes des familles.
À l’intérieur, les écrans grandissent et l’équipement progresse. En attendant les motorisations hybrides de 2026, les blocs actuels de 116 et 150 ch restent disponibles, tous en boîte DSG7.
Le modèle sera dévoilé officiellement au salon de Munich en septembre.
Un marché sous pression
Entre rumeurs de fin pour DS, la montée d’adrénaline chez Mercedes et les ambitions parfois irréalistes de Bruxelles, le climat se tend.
Le retour en force du T-Roc n’y change rien : l’automobile européenne vit un moment critique.
Entre décisions politiques rigides, transition technologique sous tension et modèles qui tentent de sauver la mise, le secteur cherche un nouvel équilibre.
Mais il faudra bien plus qu’un facelift de SUV pour calmer la tempête.
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