Il y a tout juste deux ans, les concessions Porsche affichaient des parkings quasi vides. Aujourd’hui, elles débordent : SUV électriques, berlines sportives et modèles haut de gamme s’accumulent, illustrant un contexte inédit pour une marque longtemps synonyme de listes d’attente.
Le Taycan, bijou technique… au ralenti commercial
Le Porsche Taycan 2025, dont les versions de base flirtent avec 130 000 $, voire 193 000 $, peine à trouver preneur.
Selon une étude, le Taycan dépasse 229 jours de stock moyen sur les concessions, avec près de 1 978 exemplaires disponibles et seulement 378 vendus en 45 jours. C’est le plus faible rythme de rotation du marché selon Motor1.
Cette surabondance d’offre est confirmée par des témoignages de forums spécialisés :
« Obviously new inventory is just stagnant and not selling. »
« The cars are sitting and previous generation Taycan owners are afraid of getting killed on the depreciation again. »
À cela s’ajoute une chute spectaculaire des ventes globales : le Taycan a vu ses ventes mondiales baisser de 50 % en 2024, contribuant à une baisse globale de Porsche de 7 %.
Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large : les modèles électriques de luxe peinent à convaincre, malgré la hausse générale des ventes d’EV.

Une stratégie électrifiée en question
Dans ce contexte, Porsche est contraint de revoir certains de ses plans.
En particulier, des Taycan d’occasion ont vu leurs ventes interrompues au Royaume-Uni, suite à une directive de la DVSA à l’été 2025 concernant un risque de feu potentiel lié aux batteries.
Certains modèles attendent une mise à jour logicielle avant la reprise des ventes.
Par ailleurs, le constructeur doit faire face à une situation financière détériorée : plusieurs milliers d’emplois seront supprimés en Allemagne d’ici 2029, alors que les ventes annuelles pourraient chuter de 311 000 à 250 000 unités.
L’indice de rentabilité (marge d’exploitation) est projeté à tomber entre 6,5 % et 8,5 % contre 14,1 % précédemment.
Des tensions dues à la baisse des ventes en Chine, à des tarifs d’importations élevés aux États-Unis et à une stratégie EV moins rentable qu’anticipé.

Une clientèle fidèle… mais exigeante
Les modèles emblématiques restent demandés : la 911 n’occupe pas les parkings, car elle est généralement vendue sur commande, avec des délais parfois très longs.
Le Boxster 718 et la Cayman, quant à eux, affichent des prix élevés (autour de 90 000 $ et plus), comparables à certains SUV américains.
Pourtant, leur cote d’amour, notamment auprès des puristes amateurs de mécanique et de boîtes manuelles, reste intacte.
Que peut faire Porsche ?
En vrai, Porsche a une stratégie :
- Réajuster la stratégie EV : privilégier des modèles plus accessibles et pratiques comme l’hybridation ou les petites électriques, plutôt que des super-luxes coûteuses.
- Réduire les prix et encourager la rotation : notamment via des promotions sur stocks existants pour éviter l’effet “vieillissement en concession”.
- Renouer avec ses racines : cultiver la passion autour des moteurs essence, des transmissions manuelles et de modèles iconiques comme la 911 ou les roadsters 718.
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