La Formule 1 ne se résume pas aux pilotes. Derrière chaque victoire, il y a l’ingéniosité des ingénieurs. Chaque saison, des détails techniques bouleversent l’équilibre des forces. En 2020, Mercedes a frappé un grand coup. Sur le circuit de Barcelone, lors des essais hivernaux, un geste anodin a suffi pour semer le doute. Hamilton avançait son volant. Puis le reculait. Sans le savoir, il venait d’écrire une page unique de l’histoire moderne de la F1.
DAS : quand Mercedes a fait trembler la grille de départ
Le 20 février 2020, les caméras captent l’étrange mouvement. Le volant n’oriente plus seulement les roues.
Il en change l’angle. Ce système, baptisé DAS pour Dual Axis Steering, semblait presque trop simple.
Pourtant, il modifiait instantanément le comportement de la voiture. Un outil aussi ingénieux qu’efficace, pensé pour tirer le meilleur des pneus.

Une idée brillante, née d’un vieux concept
Le carrossage est la clé de l’adhérence. Trop fermé, la voiture souffre en ligne droite. Trop ouvert, elle perd de la vitesse mais gagne en virage.
Avant Mercedes, ce choix était définitif. Avec le DAS, Hamilton et Bottas ajustaient tout en roulant.
Tirer le volant pour plus de stabilité. Le pousser pour maximiser la vitesse. Une solution élégante à un dilemme ancien.
Un système naturel pour le pilote
À ces vitesses, chaque geste doit être instinctif. Le freinage projette le corps vers l’avant. Le mouvement accompagne alors le volant.
À l’accélération, le corps recule, et le volant suit. L’ajustement devient presque inconscient.
Mercedes n’a pas inventé une nouvelle mécanique. Elle a utilisé les lois de la physique au profit du pilote.

Un gain réel, mais difficile à chiffrer
Combien valait vraiment le DAS ? Officiellement, personne ne le dira. Officieusement, on évoque entre un et trois dixièmes au tour.
Mais plus que la vitesse pure, le gain se jouait ailleurs. Les pneus montaient en température plus vite.
Leur usure était mieux contrôlée. Sur un Grand Prix entier, l’avantage devenait stratégique. Une avance invisible, mais redoutable.
Une légalité qui a fait débat
Dès 2019, Mercedes avait présenté son projet à la FIA. La première version utilisait un levier séparé.
Refusée immédiatement. L’instance imposa que le système soit intégré au volant. Un pari risqué, mais relevé. Après plusieurs itérations, la solution fut validée.
Lors des premiers essais, la concurrence réalisa que Mercedes avait une longueur d’avance.

Pourquoi le DAS a été interdit dès 2021
Le système respectait le règlement en 2020. Mais il posait une question de fond : fallait-il laisser les écuries se lancer dans une guerre technologique ?
La FIA a vite tranché. Le plafond budgétaire arrivait, et cette innovation allait coûter trop cher à développer.
L’article 10.5 fut réécrit. Dès 2021, un volant ne pouvait plus agir que sur un axe unique. Fin de l’aventure.
Le DAS, symbole d’une ère dominée
Le système n’a vécu qu’une saison. Pourtant, il reste gravé dans les mémoires.
Mercedes et sa W11 dominaient déjà. Avec le DAS, l’écart semblait insurmontable. Hamilton, au sommet de sa carrière, disposait de l’arme parfaite.
Le DAS illustre à merveille la créativité et la maîtrise technique de l’équipe. Une innovation brève, mais marquante, à l’image d’une époque où Mercedes régnait sans partage.
Le génie technique fait partie de l’ADN F1
La Formule 1 vit de ces éclairs d’ingéniosité. Le DAS n’a pas duré, mais il a marqué.
Il incarne la recherche constante d’efficacité, l’envie de repousser les limites et le courage de tenter l’improbable.
C’est cette créativité, parfois controversée, qui rend ce sport fascinant. Mercedes l’a prouvé en 2020 : en F1, un simple mouvement peut tout changer.
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