Archive mensuelle janvier 2019

ParCharley MAILLOT

Le covoiturage, de son histoire à son impact sur notre société

Si le covoiturage est monnaie courante dans les plus grandes villes européennes, son émergence sur le marché de la mobilité est pourtant très récente. Ce nouveau système de transport dynamique ne cesse d’être prisé par les Français, et ce peut-être au détriment d’autres moyens de transport. Nous proposons de revenir en arrière sur cette tendance, omniprésente dans notre société et impactant de ce fait de nombreux acteurs.

Le covoiturage : une histoire qui roule !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le covoiturage n’a pas une histoire très longue. Il faut attendre la démocratisation d’achat dans le secteur automobile pour que chaque foyer français dispose enfin d’une voiture.

Ce nouveau moyen de déplacement motorisé change la donne après les années 50 : les foyers voyagent, découvrent de nouveaux paysages et le secteur du tourisme implose à grande échelle. Ce n’est sans doute pas pour rien que la voiture est le moyen de transport préféré des Français !

Les années 60 : la fin des Trente Glorieuses et le début des voitures partagées

L’après-Seconde Guerre mondiale a modifié durablement les circuits de circulation en France. L’essor du fordisme, suivi du taylorisme en Amérique puis en Europe, accélèrent le processus de fabrication grâce à la mécanisation et la robotisation des industries. Celles-ci sont désormais en mesure de proposer une voiture comme un bien de consommation courant, et non un luxe dont ne profitent que les foyers les plus aisés.

Si tous les foyers américains en sont équipés dans les années 50, il nous faut attendre 10 ans plus tard pour que la voiture soit présente dans la plupart des foyers français. Dans les années 2000, la voiture circule des plus grandes aux plus petites routes, pour des prix démocratisés grâce à l’achat de voiture d’occasion.

Les applications mobiles ont le vent en poupe !

Qui dit innovation dans les années 2000, dit apparition d’applications mobiles dédiées ! De nombreux Français recourent chaque année à ces applications mobiles pour réaliser du covoiturage, en tant que chauffeur ou que voyageur itinérant. Parmi elles, vous retrouvez le leader en France BlaBlaCar, ainsi que d’autres moins connues telles que trajetalacarte, Wever etc…

Voyager légalement : le covoiturage au cœur de l’actualité

Si le covoiturage semble une solution pour de nombreux voyageurs qui effectuent des trajets courts ou longs, quotidiens ou épisodiques, son utilisation est devenue contrôlée en France à la suite de nombreux abus. À l’image des locations Airbnb, de nombreux chauffeurs perçoivent le covoiturage comme une solution d’emploi durable.

Qu’en est-il des frais & des bénéfices ?

Vous l’aurez compris : en tant que conducteur, la France ainsi que les pays européens contrôlent rigoureusement tous ceux qui prennent la route avec des voyageurs de manière trop régulière. Il faut dire que certains réalisent des bénéfices, et donc un chiffre d’affaires non déclaré, sur ce type de déplacement.

Or, la loi stipule dans l’arrêté du 12 mars 2013 que le covoiturage est légal seulement, et seulement si, l’argent versé par les voyageurs représente l’égal partage des frais (essence, parking, péage, etc.). Toute personne qui réalise une marge sur ses déplacements devient transporteur et non plus chauffeur. À ce titre, le trajet se doit d’être moins cher que si le voyageur faisait appel à un taxi ou un service de transport tel qu’Uber ou Heetch.

Afin de mieux réglementer cette pratique, la loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit en 2019 une fixation flexible des prix, avec un prix égal au nombre de voyageurs afin que le partage des frais soit optimisé.

Malgré ces risques, le gouvernement souhaite augmenter les déplacements en covoiturage en prévoyant par exemple un remboursement des frais par l’employeur pour ce type de déplacement autrefois réservé aux transports en commun. Une initiative en faveur de l’environnement, mais qui risque d’impacter les moyens de transports sur le long terme.

Un marché concurrent des taxis ?

Si le covoiturage suscite l’enthousiasme au gouvernement comme une solution pour un comportement écoresponsable, les chauffeurs de taxi voient rouge. En effet, bien que ce moyen de transport soit une solution pour les longs trajets, les petits sont aussi touchés par ce phénomène. En dehors des prix dégressifs, les taxi-collectifs comme se nomment ces covoitureurs illégaux, s’emparent d’une part de marché importante de la clientèle des taxis.

Le Code du Travail s’intéresse de près à ce sujet d’actualité, et considère que quiconque pris sur le fait risque un procès pour « travail dissimulé », avec une amende de 45 000€ pour trois ans d’emprisonnement.

Afin de garantir une plateforme qui respecte ses engagements, de nombreuses entreprises spécialisées dans le covoiturage suppriment les profils suspects. Mais la multiplication des profils sur des plateformes différentes et l’absence de contrôles réguliers empêchent toute réelle inspection du travail pour des trajets commerciaux qui échappent à la vigilance de ces plateformes.

ParElodie martin

Filmer ses trajets avec une dashcam

Les caméras embarquées, plus communément appelées dashcam pour l’abréviation de dashboard et de caméra, font partie des équipements automobiles qui ont le vent en poupe. Ces minicaméras sont depuis quelque temps déjà devenues très populaires dans certains pays comme la Russie, qui autorise l’enregistrement des trajets de ses concitoyens, et tend à investir progressivement le marché d’autres pays, comme la France par exemple.

Particuliers et professionnels de la route peuvent y voir leur avantage. Néanmoins, la diversité des caméras embarquées commercialisées actuellement peut faire hésiter au moment de s’en procurer une, d’autant plus que les différentes législations en vigueur ne permettent pas vraiment de déterminer l’usage que l’on peut en faire. Cet article visera à traiter ces différentes questions.

Une Dashcam : kézako ?

La Dashcam est une caméra embarquée de petite taille s’installant à l’intérieur d’un véhicule, généralement sur le pare-brise avant ou arrière, certaines s’intégrant même directement au niveau du rétroviseur intérieur. Son objectif est assez simple à comprendre : en filmant la totalité d’un trajet, elle permet d’enregistrer l’environnement du véhicule au fur et à mesure que celui-ci se déplace. Elle permet dans ces circonstances de garder en mémoire des preuves potentielles en cas de problèmes routiers. Accident de la route, délits de fuite, fraude à l’assurance… sont autant de déconvenues possibles lorsque nous prenons la route.

L’usage de ces caméras fonctionne donc de la même manière qu’une boîte noire dans les avions, à une exception près : les dashcam procurent l’image en plus du son, permettant ainsi aux automobilistes de se défendre par des vidéos horodatées et géolocalisées en cas de litige.

Leurs différentes fonctionnalités intégrées peuvent constituer une aide précieuse lorsqu’il s’agit de se défendre, que ce soit auprès de la Police ou d’un assureur. Le mode parking par exemple illustre parfaitement cela : ce dernier vise en effet à repérer des actes de vandalisme, y compris lors du stationnement du véhicule.

Le GPS et l’accéléromètre sont aussi quelques-unes des fonctionnalités utiles de ce type d’appareil, notamment pour géolocaliser vos vidéos et préciser la vitesse du véhicule en temps réel. Pour en savoir davantage sur les différents modèles, je vous invite à parcourir cette sélection de dashcam et à lire attentivement les recommandations concernant les caractéristiques techniques des caméras embarquées, telles que la résolution et la vitesse d’enregistrement de l’image, l’angle de vue et la vision de nuit, qui sont les points principaux sur lesquels vous devez vous pencher avant d’investir dans un tel dispositif.

L’usage des caméras embarquées selon les pays

D’un point de vue légal, les caméras embarquées suscitent de nombreuses controverses, au point d’être interdites dans certains pays comme l’Autriche et le Luxembourg. L’utilisation de celles-ci et la diffusion de leurs images y sont à ce titre sévèrement punies. Mais cela n’est pas le cas partout, comme en témoignent certains pays asiatiques et tout particulièrement la Russie. Dans ce pays, l’utilisation des dashcam est au contraire imposée aux automobilistes par les assureurs. Ces derniers voient en leur utilisation un moyen simple de réduire considérablement les accidents de la route : les automobilistes se sachant filmés seraient ainsi plus enclins à respecter les règles de sécurité qui incombent à chaque conducteur.

En France, les caméras embarquées sont autorisées, mais avec quelques restrictions cependant. En effet, elles sont autorisées pour un usage personnel et doivent faire l’objet d’une déclaration déposée auprès de la préfecture qui délivrera ensuite une autorisation.

Après avoir effectué ces démarches administratives, les conducteurs ayant en leur possession une caméra de ce genre devront mentionner très clairement que leur véhicule en est équipé et devront faire preuve de prudence dès lors qu’ils voudront diffuser les images filmées à bord de leur véhicule. Ainsi, les visages et les plaques d’immatriculation filmés devront être floutés, conformément aux recommandations fixées par la CNIL ( Commission nationale de l’informatique et des libertés ) et en vertu du droit au respect de la vie privée des usagers et du droit à l’image.

Dashcam et assureurs français : quelle prise en compte ?

Ces différentes formalités ne semblent pas gêner certains conducteurs, puisqu’ils seraient, selon les derniers chiffres publiés, plus de 30 000 à avoir installé un tel dispositif au sein de leur véhicule. Par ailleurs, les assureurs français commencent à s’intéresser plus amplement à ce phénomène, en recommandant à leurs clients de s’équiper d’une caméra embarquée. Son installation permettrait même à ces derniers de profiter d’une baisse de leur prime d’assurance de l’ordre de 10% en moyenne selon les compagnies. AMAGUIZ est à ce titre pionnière en la matière, en ayant proposé la première l’installation des dashcam dans les véhicules en contrepartie d’une réduction de la prime d’assurance. Au vu des tarifs de ces dernières, on comprend aisément que de nombreux automobilistes y succombent !

Ainsi, il y a fort à parier que les années à venir devraient voir l’utilisation des caméras embarquées s’envoler sous l’impulsion des assurances, qui deviendront les principaux prescripteurs de dashcam.

À quoi sert vraiment la dashcam à bord d’un véhicule ?

La caméra embarquée permet d’analyser les causes d’un accident plus finement. Elle s’avère notamment utile lorsque les témoignages viennent à manquer, rendant ainsi difficile pour les assureurs la détermination des différentes responsabilités de chacun des conducteurs dans le cas d’un accident par exemple.

En outre, grâce à leur utilisation, trancher en cas de litige deviendra bien plus aisé, surtout lors d’un désaccord entre les parties prenantes.

Les professionnels de la route, comme les chauffeurs de taxi, pourront également y voir une sécurité relative aux personnes qu’ils accueillent au sein de leur véhicule.

Pour finir, l’usage de telles caméras est intéressant également en ce qui concerne le respect du Code de la route. Les conducteurs se sachant filmés ont tendance à se montrer plus consciencieux au volant.

Toutefois, il peut être utile de rappeler que les caméras embarquées ne se substituent pas aux autres moyens tels que le constat amiable, le constat de Police, la prise en compte des témoignages, etc. Elle ne constitue qu’un moyen supplémentaire d’apporter des preuves en cas de problème sur la route et ne dispose à ce titre d’aucun privilège particulier.