Généralisation des radars MonoCam en Allemagne contre le smartphone au volant : sanctions comparées à la France

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En Allemagne, des caméras repèrent déjà les conducteurs qui tiennent leur téléphone au volant.

Un conducteur français doit savoir si ce dispositif le concerne et ce qu’il risque.

Cet article explique ce qu’est ce système, où il fonctionne, et compare ses sanctions avec celles de la France.

Ce qu’est le dispositif MonoCam

MonoCam est un système de contrôle qui repère les conducteurs susceptibles d’utiliser un téléphone au volant. Un logiciel analyse les images prises par une caméra.

Un dispositif de contrôle fixé à un poteau surplombe une autoroute où circulent plusieurs voitures et camions.
En Rhénanie-Palatinat, cinq systèmes MonoCam ont été achetés pour les cinq présidiums de police.

Les caméras sont placées en hauteur, souvent sur un pont autoroutier, et photographient l’habitacle en biais à travers le pare-brise.

Le système ne donne pas d’amende tout seul. Il signale une image suspecte, et c’est ensuite un policier qui la vérifie. Le dispositif a été testé en Rhénanie-Palatinat en 2022, avec l’aide de la police néerlandaise.

Ne pas confondre projet et dispositif

MonoCam n’est pas encore un dispositif fédéral. En Allemagne, la police relève de chaque Land, donc chaque Land décide de l’utiliser ou non. Pour savoir si un Land s’en sert, il faut regarder sa base légale, pas le projet national.

Où et depuis quand les radars sont en service

En Allemagne, la Rhénanie-Palatinat est le seul Land où MonoCam fonctionne en service régulier.

Une loi de police en est la base : le § 30, alinéa 8, est en vigueur depuis mars 2025 et autorise la police à filmer l’espace public pour prévenir l’usage interdit du téléphone au volant.

Le service régulier a commencé en avril 2025, un mois après la loi. Des essais avaient eu lieu en 2022 à Trèves et à Mayence.

Où et depuis quand

Rhénanie-Palatinat

  • Seul Land en service régulier
  • Service régulier depuis avril 2025
  • Environ 1 400 conducteurs relevés en 2026, jusqu’à fin octobre

Autres Länder

  • Aucun service régulier

Échelle fédérale

  • Règle nationale à inscrire dans la loi fédérale sur la circulation routière
  • Projet présenté le 3 novembre 2026 par Steffen Bilger, ministre fédéral des Transports
  • Pas encore déployé dans tout le pays
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Comment la caméra repère le téléphone

Le logiciel cherche d’abord un téléphone près du conducteur, puis une position de la main qui peut signaler son usage. Quand il repère ce motif suspect, il propose un contrôle.

Des policiers formés examinent les images et confirment ou rejettent le signalement avant toute amende. Une alerte seule ne suffit donc pas à recevoir une contravention.

Le sort des images

  1. Comparer à des images de référence

    Le logiciel confronte la scène à environ 20 000 images de référence, chiffre communiqué par la police de Trèves en novembre 2026.

  2. Rendre méconnaissables les autres personnes

    Sur l’image, les personnes non concernées ne sont pas reconnaissables.

  3. Supprimer les images non confirmées

    Si le policier ne confirme pas l’infraction, l’image est effacée sans délai.

Le téléphone au volant, accidents et infractions

Trois chiffres ne mesurent pas la même chose. Plus de 1 000 accidents par an sont liés à des appareils électroniques utilisés au volant, dont le téléphone. Ce nombre compte les accidents, pas les gestes au volant.

La police enregistre environ 400 000 infractions liées au téléphone au volant par an. Seuls les cas vus et relevés y entrent : un conducteur que personne n’a repéré ne figure dans aucun chiffre. La distraction, elle, n’est mesurée nulle part.

Un chiffre extrapolé, pas un décompte

Le milliard d’infractions par an repose sur un relevé de 50 heures dans cinq villes, où 2,7 % des 9 573 véhicules contrôlés présentaient un usage interdit. Ce n’est pas un décompte officiel : il ne faut donc pas l’additionner aux 400 000 infractions enregistrées par la police.

Ce qui est interdit au volant, de part et d’autre du Rhin

En Allemagne

En Allemagne, le conducteur ne doit pas prendre ni tenir son appareil électronique. Il ne peut pas non plus le porter à l’oreille s’il émet du son, sauf appareil correcteur de surdité.

En revanche, la navigation et la musique restent possibles si l’appareil n’est pas tenu en main.

La commande vocale, la lecture à voix haute et un regard bref à l’écran sont aussi permis quand la circulation le permet. À l’arrêt, moteur coupé, le conducteur peut l’utiliser librement.

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En France

En France, la règle vient de l’article R. 412-6-1 du code de la route. Il interdit au conducteur d’utiliser un téléphone tenu en main pendant que le véhicule circule.

Ce qui compte, c’est le « en main ». Un appareil posé sur un support fixé au véhicule, utilisé en mains libres, n’est pas visé par cette interdiction.

Deux formulations

France

La règle vise un geste : tenir le téléphone en main pendant que le véhicule circule. Un appareil posé sur un support fixé au véhicule n’entre pas dans ce cadre.

Allemagne

La règle couvre deux gestes : tenir l’appareil en main, et le porter à l’oreille quand il émet du son.

Les sanctions allemandes et françaises, chiffres en regard

Les sanctions allemandes

En Allemagne, l’usage du téléphone en main au volant coûte 100 euros et entraîne un point au registre de Flensburg. C’est le montant de base, quand l’infraction ne met personne en danger et ne cause aucun dégât.

Si elle met une personne en danger, l’amende monte à 150 euros. Si elle cause des dégâts matériels, elle atteint 200 euros. Dans ces deux cas, deux points s’ajoutent et le conducteur ne peut pas conduire pendant un mois.

Les sanctions françaises

En France, tenir son téléphone en main pendant que le véhicule circule coûte une amende forfaitaire de 135 euros. Elle s’accompagne du retrait de trois points.

L’usage interdit coûte 100 € et entraîne un point en Allemagne ; en cas de danger, 150 €, deux points et un mois d’interdiction ; avec dégâts matériels, 200 €, deux points et un mois. En France, le téléphone tenu en main coûte 135 € et trois points.
En Allemagne, danger et dégâts matériels font monter l’amende et entraînent un mois d’interdiction ; en France, l’amende est de 135 €.

La suspension du permis est une peine complémentaire, qui peut aller jusqu’à trois ans. Elle peut être limitée à la conduite hors activité professionnelle. Pour quelqu’un qui roule dans le cadre de son travail, cette limite compte beaucoup.

Même infraction, sanctions différentes

  • Amende

    En France, l’amende forfaitaire est de 135 euros. En Allemagne, elle est de 100 euros, soit 35 euros de moins.

  • Points

    Le retrait est de trois points en France, contre un seul en Allemagne.

  • Suspension

    En France, la suspension du permis peut aller jusqu’à trois ans, en peine complémentaire. En Allemagne, l’interdiction de conduire dure un mois, en cas de danger ou de dégâts.

Et pour un conducteur français en Allemagne ?

Un conducteur français qui utilise son téléphone en Allemagne suit les règles allemandes. Sa nationalité ne change rien : ce qui compte, c’est le lieu de l’infraction. L’usage du téléphone figure parmi les fautes donnant lieu à des poursuites transfrontalières.

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En revanche, l’infraction commise en Allemagne ne retire aucun point du permis français. Le solde de points reste donc intact, ce qui ne veut pas dire que l’infraction est sans suite.

Une demande de paiement possible

Une infraction commise en Allemagne peut donner lieu à une demande de paiement. Elle suit la procédure allemande, dans le cadre des conditions de recouvrement entre les deux pays. Donc, si un courrier arrive après un contrôle outre-Rhin, il faut le lire tout de suite et repérer le délai indiqué.

MonoCam n’est pas encore national : seule la Rhénanie-Palatinat l’utilise en service régulier. Dans le cas de base, l’usage interdit d’un appareil électronique au volant coûte 100 euros et un point en Allemagne, contre 135 euros et trois points en France.

Avant de rouler outre-Rhin, il faut vérifier le Land. Si un courrier arrive après un contrôle, il faut le lire vite.

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Marie
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Marie
Marie est une journaliste spécialisée dans l'automobile, avec plus de 15 ans d'expérience dans le domaine. Passionnée par les véhicules de toutes sortes depuis son plus jeune âge, elle a su se forger une réputation d'experte grâce à son approche technique et analytique des innovations mécaniques et des tendances du marché. Marie a couvert une large gamme de sujets, allant des derniers modèles électriques aux technologies de conduite autonome, en passant par les stratégies des grands constructeurs et les enjeux de durabilité dans l'industrie.