Le freestyler Tom Pagès aurait mieux fait de ne pas se filmer volant avec sa moto équipée d’un parapente au-dessus des hauteurs d’Avoriaz. Cette performance spectaculaire, baptisée “Ride and fly”, n’a pas seulement captivé les internautes mais aussi attiré l’attention de trois associations de défense de l’environnement : France Nature Environnement, Mountain Wilderness et France Nature Environnement 74, qui ont décidé de porter plainte contre lui et son partenaire RedBull.
La vidéo a rapidement accumulé plus de 11 000 vues, mais son impact sur l’environnement a fait grincer des dents. Ces associations ont souligné que la performance avait lieu dans une zone protégée de Haute-Savoie, où la circulation des véhicules motorisés en dehors des voies publiques est interdite depuis 2000. Pour ces groupes, l’initiative de Tom Pagès n’était pas seulement imprudente mais aussi illégale : “La circulation des véhicules motorisés qui risquent de dégrader les milieux naturels est strictement interdite.”
Les pratiques commerciales en question
Outre Tom Pagès, c’est également RedBull, partenaire visible sur la vidéo, qui est dans le viseur des associations. On y voit le freestyler consommer une canette de la célèbre boisson, et le parapente arborer le logo de l’entreprise. Selon les associations, cela constituerait une publicité illégale : “Le Code de l’environnement interdit de promouvoir un véhicule en situation d’infraction, afin de ne pas induire le public en erreur sur la légalité de ces pratiques.” En conséquence, Tom Pagès et RedBull pourraient se retrouver accusés de pratiques commerciales trompeuses.
Cette affaire n’est pas la première fois que le motard se fait remarquer à Avoriaz. En novembre 2021, il avait déjà réalisé un saut spectaculaire depuis un tremplin, toujours avec un parapente, sur les mêmes hauteurs. Les décors grandioses d’Avoriaz semblent décidément inspirer Tom Pagès, mais cette fois, l’impact environnemental de ses actions a pris le dessus sur l’attrait de l’aventure.
Un flou autour des autorisations
Du côté des autorités locales, l’office de tourisme d’Avoriaz confirme que RedBull avait sollicité des autorisations pour filmer, et que la mairie de Morzine avait même offert un soutien logistique, notamment pour loger les équipes. Sébastien Mérignargues, président de l’office, a tenté de relativiser la situation : “C’était une première mondiale, voler avec une moto. Peut-être que tout n’a pas été parfaitement contrôlé, avec les imprévus liés au vent ou d’autres facteurs, il a pu atterrir à un endroit non prévu.” Reste à voir si ces justifications seront suffisantes pour apaiser les tensions avec les défenseurs de l’environnement, bien décidés à faire respecter les lois en vigueur.
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