“Une voiture électrique est moins polluante qu’une thermique seulement après 10 000 km”

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La voiture électrique est souvent présentée comme une alternative plus verte aux modèles thermiques : elle est silencieuse, ne vibre pas, offre un confort de conduite exceptionnel, et peut se recharger facilement à domicile. Pourtant, certaines personnes remettent en cause son aspect écologique. Ils avancent que, compte tenu de la fabrication des batteries et des ressources nécessaires, l’électrique serait finalement plus polluant qu’une voiture thermique.

Une dette carbone qui se rattrape

Il est vrai que certaines études montrent que de gros véhicules électriques, comme le Hummer EV, peuvent consommer tellement d’énergie qu’ils en deviennent plus polluants que des voitures thermiques à l’usage. Mais pour la majorité des modèles, la voiture électrique reste plus propre à long terme. En effet, même si la fabrication des batteries crée une “dette carbone” importante – en raison de l’énergie nécessaire pour produire ces batteries – cette dette est rattrapée après un certain nombre de kilomètres.

Selon une étude récente de Bloomberg, il faut environ 41 000 km aux États-Unis pour qu’une voiture électrique compense sa dette carbone par rapport à une voiture thermique. C’est-à-dire qu’après avoir parcouru cette distance, une voiture électrique devient globalement moins polluante. Dans certains pays comme la Chine, où l’électricité est très carbonée, ce chiffre grimpe jusqu’à 118 000 km. En revanche, dans des pays comme la France, où l’énergie est majoritairement décarbonée, cette distance est beaucoup plus faible, et l’équilibre pourrait être atteint après moins de 10 000 km.

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La Chine et ses spécificités écologiques

La situation chinoise est particulière. En 2024, la production d’électricité en Chine repose encore largement sur des centrales à charbon, rendant l’utilisation des véhicules électriques moins avantageuse sur le plan écologique. Les émissions de CO2 par kilomètre parcouru y sont plus élevées que dans d’autres pays. Cependant, la Chine travaille activement à décarboner son électricité. Avec des investissements massifs dans l’éolien et le solaire, elle vise à réduire la part des centrales à charbon à 17 % d’ici 2040. Cela pourrait transformer les véhicules électriques en une alternative bien plus propre.

En parallèle, la Chine a également développé un marché de mini véhicules électriques, qui sont particulièrement économes. Ces petites voitures, dotées de batteries de 17 kWh en moyenne, sont beaucoup moins gourmandes que des modèles électriques plus imposants, réduisant ainsi leur impact écologique.

voiture électrique 4

La France, championne de l’électricité verte

En France, la situation est très différente. EDF estime que la fourniture d’un kWh d’électricité en France entraîne l’émission de seulement 114 g de CO2, plaçant le pays parmi les meilleurs en matière de décarbonation de l’énergie. Cela permet à une voiture électrique de compenser sa dette carbone après environ 40 000 km, soit moins de quatre ans d’utilisation en moyenne. Avec une électricité majoritairement issue du nucléaire, l’équilibre est atteint encore plus rapidement, en dessous de 10 000 km.

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Une évolution prometteuse pour le futur

Malgré les défis actuels, l’avenir semble prometteur pour la voiture électrique. L’évolution vers des mix énergétiques plus verts, l‘arrivée des technologies V2G (Vehicle-to-Grid) et l’autoconsommation grâce aux panneaux solaires vont rendre la recharge électrique de plus en plus verte. Les voitures électriques pourront même contribuer à stabiliser le réseau lors des pics de consommation, faisant d’elles un élément-clé d’un futur décarboné.

Nissan Re-Leaf Concept 6
Nissan Re-Leaf Concept 6

En conclusion, si les véhicules thermiques continuent d’évoluer, leur avenir semble de plus en plus incertain face aux réglementations visant à réduire les émissions de CO2. Les voitures électriques, avec un impact carbone qui se réduit au fil du temps, apparaissent comme une solution durable pour préserver l’environnement. Alors oui, une voiture électrique peut être moins polluante qu’une thermique – mais cela demande un peu de patience, et de kilomètres parcourus.

 

Marie